ChannelScope
IT Partners 2026 : une édition dense et axée sur le business mais contrastée pour certains secteurs
Par Vincent Verhaeghe, publié le 16 février 2026
IT Partners 2026 s’est inscrit dans une logique simple : générer du business pour les marques et leurs revendeurs. Avec plus de 230 exposants, près de 6 600 visiteurs, cette édition est dans la continuité de 2025, en proposant un contenu plus varié et en gommant quelques écueils rencontrés l’an passé. Le monde du channel s’était bien donné rendez-vous à Nanterre, mais de grands noms ont aussi brillé par leur absence.
Dans les allées du premier jour du salon, le rythme est soutenu et les rendez-vous s’enchaînent. La progression de 12 % du nombre de visiteurs par stand illustre cette intensité, portée par la généralisation des outils de mise en relation. ITP Connect, désormais complété par un lounge dédié, a été massivement adopté.
Nouveauté de cette année, l’outil Colleqt a apporté une dimension innovante à la gestion des leads : en complément de Lead Manager, l’application qui permet aux exposants de scanner les badges visiteurs, Colleqt permet en corollaire aux visiteurs de scanner des QR codes exposants pour collecter l’ensemble des informations issues de leur page IT Partners et de transmettre directement leurs coordonnées en retour. Au total, cette édition a permis de générer près de 25500 leads à travers ces deux outils.
Un signal fort pour Jean‑François Sol Dourdin, directeur du salon, qui souligne « la densité des contacts et des leads générés, mais aussi la richesse de l’offre et des thématiques abordées », y voyant la confirmation de la pertinence des évolutions mises en place depuis l’arrivée à Paris La Défense Arena.
Des secteurs à géométrie variable
Certains secteurs s’en sont toutefois sortis bien mieux que d’autres. Du côté de la cybersécurité par exemple, le ton est clairement à l’optimisme. Chez Sophos, Emmanuel Gosselin, directeur commercial France, s’est réjoui du nombre de contacts revendeurs réalisés sur le stand, principalement lors de la première journée. Une dynamique positive largement partagée par les éditeurs et grossistes spécialisés du secteur. Même constat chez Infinigate, où Jérôme Granger, directeur marketing, évoque plusieurs centaines de leads générés sur les deux jours, de quoi satisfaire les marques hébergées et confirmer l’attractivité du distributeur auprès des partenaires à la recherche d’offres à forte valeur ajoutée.
Cette photographie très favorable, qu’on retrouve aussi chez les acteurs des télécoms, n’efface toutefois pas certaines réalités économiques. Si la qualité des contacts est unanimement saluée, tous les acteurs n’abordent pas le salon avec le même niveau de confort budgétaire. Certains distributeurs, comme Watsoft ou même TD Synnex, ont eu du mal à remplir leurs grands espaces d’exposition en raison de la défection de certains fournisseurs et éditeurs. Un rappel que, malgré le retour du business et l’efficacité des rencontres, le modèle économique des grands stands reste un sujet sensible pour une partie de la distribution.
L’absence en propre des trois plus grande marque du PC met aussi une ombre au tableau. Seul Dell était présent via TD Synnex mais HP et Lenovo n’ont même pas fait l’effort d’assurer une présente auprès d’un de leurs distributeurs, ce qui n’envoie pas un bon message au channel. Selon l’adage, les absents ont toujours tort et Asus a profité de de l’aubaine avec non pas un mais deux stands. Et la marque taïwanaise va sans aucun doute en tirer profit : ses stands n’ont pas désempli pendant les deux jours.
Print en berne, audiovisuel invisible
D’autres secteurs ont été aussi surtout remarqués par leur absence ou leur présence limitée. Pour le print, c’est juste un reflet du marché. En dehors de Xerox-Lexmark, Katun et quelques distributeurs, de grands noms historiques d’IT Partners comme Epson, Brother ou Canon se sont contentés pour certains d’une présence symbolique chez leurs distributeurs . Et sans une transformation radicale qui doit surfer sur la vague de la dématérialisation, ce déclin semble inéluctable.
Même constat sur la partie audiovisuel, mais pour autre raison : la concomitance de dates avec l’ISE. L’an passé, certains acteurs avaient fait le gros effort financier d’être présents sur les deux évènements, pour cette édition ils ont tous fait le choix d’aller à Barcelone. Exit donc les fidèles Iiyama, Philips ou même les VAD spécialisés Sidev et FVS qui avaient fortement investi sur IT Partners depuis plusieurs années. Et ce sera sans aucun doute la même chose l’an prochain, la 21e édition d’IT Partners ayant lieu les 3 et 4 février, là encore en pleine semaine de l’ISE.
Une offre globale largement renforcée
Au-delà des stands, IT Partners 2026 a également consolidé sa proposition de contenu. Les espaces Channel Arena et Cyber Arena, bien mieux mis en valeur que l’an passé, ont attiré plus de 1 400 participants, en progression de 44 % sur un an. IA, cybersécurité, modèle MSP, valorisation d’entreprise ou encore NIS2 : les thématiques abordées ont trouvé un écho très concret auprès de visiteurs en quête de réponses opérationnelles. « Le succès des prises de parole confirme l’importance du partage d’expertise et d’expériences sur un salon comme IT Partners », insiste Jean-François Sol Dourdin, qui voit dans cette dynamique un marqueur fort de la maturité du Channel.
Selon les chiffres annoncés, la part de visiteurs entre les Parisiens (54 %) et ceux provenant des Régions (41 %) reste stable, les 5 % restants venant de l’étranger. Une stabilité avérée par rapport à l’édition 2025 mais il faut rappeler qu’à l’époque de Disney, les visiteurs de Régions étaient souvent majoritaires (61 % en 2019). L’organisation doit composer avec moins de nuitées offertes (1000 contre 2000) et avec le fait que Nanterre fait sans aucun doute moins rêver que Mickey. A contrario pour les Parisiens, le fait d’être proche de La Défense permet de venir aisément passer quelques heures sur le salon.
