Data / IA
L’entreprise de demain sera-t-elle entièrement opérée par des agents IA ?
Par La rédaction, publié le 07 janvier 2026
Imaginez une compagnie d’assurance entièrement pilotée par des agents IA autonomes. Aucun employé. Les tarifs sont divisés par deux, le service client fonctionne en continu 365 jours par an, et les sinistres sont réglés en quelques minutes. Ce scénario ressemble à de la science-fiction. Pourtant, il devient chaque mois un peu plus réaliste.
Par Antoine Gourévitch, Directeur associé senior, BCG,
et Gildas Bouteiller, Directeur associé, BCG.
En avril dernier, Microsoft dressait dans son enquête annuelle le portrait d’une nouvelle génération d’entreprises : des organisations « agent-first », réarchitecturées autour d’agents autonomes capables de décider et d’agir sous supervision humaine. Selon cette étude, cette bascule vers la « Frontier Firm » pourrait s’amorcer d’ici cinq ans. L’accélération des avancées technologiques, dopée par des investissements massifs, rend l’émergence de ces organisations « sans humains » non seulement plausible, mais probable.
À mesure qu’elles émergeront – à un horizon encore incertain, mais qui se rapproche – elles bouleverseront l’emploi, les modèles économiques et, plus largement, la place de l’humain dans l’entreprise.
Les investisseurs ne s’y trompent pas. Sur les 116 Md$ levés au premier semestre 2025, en forte hausse par rapport à 2024, les start-up de l’IA agentique captent l’essentiel des capitaux. La moitié d’entre elles proposent déjà des solutions capables de remplacer des fonctions entières, parfois même des équipes complètes.
Les promesses de ce modèle ont de quoi ébranler les positions les mieux établies. Réduction radicale des coûts de main-d’oeuvre, réactivité extrême, productivité accrue, amélioration continue de l’expérience client : les avantages cumulés redessinent les règles du jeu. Plus encore, ces systèmes s’adaptent instantanément à la volatilité du marché, anticipent les virages stratégiques, en simulent les impacts et ajustent les décisions en quelques secondes. Autant d’atouts qui peuvent, demain, mettre en difficulté des organisations pourtant aujourd’hui solides.
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Cette perspective mérite toute l’attention des dirigeants. La question n’est plus de savoir si l’IA agentique transformera la compétition, mais comment s’y préparer. Comment anticiper ces défis ? Comment organiser une coopération efficace entre intelligence humaine et agents autonomes ? Et surtout : comment transformer cette gouvernance hybride en un véritable avantage concurrentiel ?
Face à de tels challenges, les entreprises traditionnelles pourraient se croire condamnées à jouer en seconde division. Mais rien n’est écrit. En amorçant dès maintenant leur transformation, elles peuvent développer un avantage difficile à imiter face à des concurrentes « 100 % agentique ». La feuille de route s’articule autour de trois axes.
D’abord, rester dans la course technologique. Il ne s’agit plus seulement d’expérimenter : l’adoption large de l’IA est devenue un prérequis. Dans le commercial ou le codage, les gains de productivité sont déjà tangibles. Les entreprises les plus ambitieuses feront un pas de plus en utilisant l’IA agentique comme socle d’un nouveau modèle opérationnel.
Ensuite, repenser les processus et l’articulation entre humains et agents. L’agentique n’est pas un simple ajout technologique : elle implique de revoir la chaîne de valeur, les process de travail, les modes de décision et les mécanismes de supervision. Surtout, elle redonne toute sa place aux compétences humaines – celles qui permettent de cadrer, d’orienter, d’arbitrer. Certaines deviendront même essentielles pour tirer le meilleur des agents autonomes et anticiper les risques émergents.
Enfin, capitaliser sur ces forces humaines pour se différencier. Les organisations capables d’orchestrer cette complémentarité développeront une forme de résilience que les modèles « full agent » ne peuvent pas offrir. Elles deviendront, dans une économie dominée par l’IA agentique, non pas des survivantes, mais des acteurs centraux : des partenaires technologiques, des garants de confiance, des décideurs augmentés. C’est dès aujourd’hui qu’il faut prouver l’importance de l’humain dans l’entreprise agentique de demain !
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