Microsoft veut conforter Windows Phone comme numéro 3, derrière iOS et Android. Au risque de mécontenter les autres fabricants de son écosystème.

L’acquisition de l’activité mobile de Nokia est un mouvement à la fois offensif et défensif de la part de Microsoft. En mettant la main sur un fabricant de téléphone mobile et une marque mondialement renommées, ce dernier valide la stratégie d’Apple consistant à maîtriser à la fois le matériel et le logiciel.

L’accord stratégique conclu avec Nokia en 2011, qui lui assurait l’intégration de Windows Phone dans une gamme de smartphones, n’a pas suffi à satisfaire ses ambitions dans les mobiles.

Face au succès croissant des plates-formes iOS et Android, le rachat des mobiles Nokia ressemble à une réaction défensive. Confronté au quasi duopole d’Apple et de Samsung, Microsoft veut éviter la marginalisation de Windows Phone.

En disposant de sa propre activité de conception et de fabrication de smartphones, l’éditeur peut espérer asseoir définitivement son système d’exploitation à la troisième place des écosystèmes mobiles.

Avec la gamme Lumia sous Windows Phone, il récupère la maîtrise complète industrielle et marketing d’une offre qui commence à s’installer sur le marché, aspect constituant le volet offensif de cette acquisition.

Microsoft peut inciter les entreprises à adopter Windows Phone

Sur le deuxième trimestre 2013 (avril à juin), Nokia a revendiqué la livraison de 7,4 millions de Lumia, dépassant les chiffres de ventes trimestriels de BlackBerry qui se sont élevés à 6,8 millions de smartphones.

Profitant de l’incertitude pesant sur l’avenir de ce dernier, Microsoft a, ici, une opportunité d’installer Windows Phone dans les entreprises. Il a les moyens d’insister sur ce marché, plus que ne l’aurait fait Nokia. Vis à vis des entreprises, il peut afficher une stratégie mobile pérenne et cohérente avec le parc installé de PC Windows. 

Quant à la (re)conquête du marché grand public, Microsoft récupère avec Nokia les relations étroites et anciennes qu’avait noué le constructeur finlandais avec les opérateurs télécoms et leurs puissants réseaux commerciaux.

La stratégie de la 3ème voie, vis à vis des opérateurs ?

L’éditeur peut espérer amplifier la stratégie de la troisième voie, les opérateurs étant soucieux d’éviter de dépendre d’Apple ou de Samsung, devenus puissants.

Enfin, l’un des risques stratégiques liés au rachat de Nokia, tient à l’éco-système de Windows Phone. Certains fabricants de terminaux mobiles ayant opté pour ce système d’exploitation, pourraient prendre ombrage du fait que Microsoft devienne leur principal concurrent.

(Re)devenu grand maître de sa stratégie dans les mobiles, Microsoft ne pourra se défausser sur personne en cas d’échec.

Lire aussi :

– Microsoft rachète l’activité téléphonie mobile de Nokia (publié le 3 septembre 2013)

– Smartphone : les ventes de Nokia excèdent celles de BlackBerry (publié le 19 juillet 2013)

Retrouvez notre dossier complet sur le rachat de Nokia par Microsoft.