La vie d’un DSI n’est pas un long fleuve tranquille. La transformation digitale à peine terminée, voici que les analystes annoncent déjà de nouvelles révolutions avec de nouvelles technologies à assimiler pour des systèmes d’information offrant des services toujours plus innovants. Bref, une transformation 2.0 en quelque sorte…

La transformation numérique n’est pas une fin en soi, qu’on se le dise ! Chez Accenture, on parle même déjà d’une ère « post-digitale », une nouvelle tranche d’histoire où les entreprises « façonnent l’environnement de leurs clients et choisissent le moment opportun pour répondre à leurs besoins ». Partant du principe que les entreprises ayant réalisé leur transformation sont plus nombreuses que celles qui ne l’ont pas fait, Accenture estime en effet qu’être digital n’est plus un avantage concurrentiel aujourd’hui : c’est juste la condition sine qua non pour passer à l’étape suivante.
Sa vision d’une entreprise qui « crée les opportunités » est en revanche moins claire, comme si les entreprises n’avaient pas pour habitude de saisir la moindre opportunité pour vendre un produit ou un service. Entre les lignes de son enquête baptisée, « Bienvenue dans l’ère Post-Digitale – votre entreprise est-elle prête ? », on croit toutefois comprendre que l’idée n’est plus forcément d’être innovant mais « disrupteur », en changeant les règles de la concurrence et en s’ouvrant de nouveaux territoires de chalandises, à l’instar des GAFA et autres startups qui ont eu l’audace de perturber le petit train-train quotidien des acteurs historiques.

Un nouvel agenda pour les DSI

Un point de vue à priori partagé par Deloitte dans son étude « Beyond the digital frontier » : « Pour rester compétitives, les entreprises ne peuvent plus se contenter de suivre leurs concurrents plus innovants. Elles doivent inscrire l’innovation au cœur de leur stratégie et de leur ambition, sous peine de perdre leur avantage concurrentiel. À nos yeux, l’innovation technologique se développe autour de neuf forces élémentaires constituant une liste de questions cruciales pour l’agenda du DSI ».
Trois d’entre elles sont matures selon Deloitte : cloud, analytics et expérience digitale. Trois autres vont être à l’origine des prochaines ruptures : blockchain, intelligence artificielle et les différentes réalités, qu’elles soient virtuelle, augmentée ou mixte. Et, les trois dernières sont finalement moins des forces que des sujets qui font partie depuis quelques années déjà de l’agenda du DSI, à savoir la dette l’existant, la sécurité et l’organisation des forces de la DSI.

Connaissez-vous le DARQ ?

De son côté, Accenture préfère parler DARQ, acronyme réunissant les quatre technologies clefs dont les entreprises vont devoir user pour transformer leur marché : D pour Distributed Ledgers ou registres distribués dont la blockchain est un excellent exemple, A pour Intelligence Artificielle, R pour Extended Reality ou réalité étendue et enfin, Q pour Quantum Computing ou informatique quantique.
Au-delà des technologies, Accenture met également l’accent sur le besoin de constituer des bases de connaissance « vivantes » pour délivrer un service toujours unique, la nécessité de faire évoluer l’environnement des collaborateurs en capitalisant sur le concept de l’homme augmenté et, bien entendu, l’urgence d’adapter la sécurité aux environnement modernes en intégrant tous les partenaires de l’écosystème de l’entreprise dans la réflexion.

De fait, même si les deux cabinets formulent la chose différemment, ils partagent une vision globale similaire des grandes tendances technologiques qui vont secouer l’entreprises dans les prochaines années. Elles s’appellent blockchain, intelligence artificielle et réalités virtuelles, augmentées, mixtes ou encore étendues.
De la même façon, ils se retrouvent aussi sur les nouvelles responsabilités de l’entreprise entrainées par ces évolutions technologiques. Deloitte estime en effet que « Les IA doivent être conçues en respectant le cadre éthique de l’entreprise ». Marc Bousquet, Responsable d’Accenture Technology en France va même plus loin : « Pour préserver la confiance, l’intimité, mais aussi l’éthique, les entreprises doivent non seulement renforcer la sécurité de leurs systèmes, mais également se montrer respectueuses de la vie privée de chacun. Si ces concepts ont parfois pu sonner creux, ils constituent aujourd’hui de vrais leviers de réussite dans un monde post-digital ».

Sources :
Accenture : Bienvenue dans l’ère Post-Digitale
Deloitte : Tech Trends 2019 : Beyond the Digital Frontier