Unifier, étendre, transformer…autant d’actions sont requises pour se doter d’un environnement de cloud hybride. C’est aussi de là que nait une complexité accrue et une hausse des coûts. Ce sont ces conclusions que nous pourrions tirer au sortir de la Matinale IT For Business « Assurer la maitrise de son cloud hybride ».

 

Si le cloud hybride reste encore la vision du cloud pour nombre d’entreprises en France, sa gestion sur le long terme n’est pas sans douleur, a révélé une Matinale IT For Business, qui s’est déroulée le 16 septembre.

Si cloud hybride il y a, c’est bien parce que les entreprises considèrent le cloud privé plus sécurisé et plus souverain que le cloud public. Pourtant, comme l’indique Eric Beaudet, analyste senior chez Teknowlogy / PAC, le cloud public, qui connait une croissance bien plus forte en France (+25% par an, contre 5-10% par an pour le cloud privé) demeure une cible de choix, y compris chez les secteurs historiques considérés comme les plus critiques. « Certaines banques sont aujourd’hui prêtes à migrer leur « core banking » ; ce qui représente un grand changement ». Et certaines petites banques voient même dans le cloud public un accélérateur et misent sur l’approche IaaS public à tel point qu’elles seront « full cloud d’ici 8 ans ».

Il est vrai que « le cloud hybride reste encore compliqué, rappelle Eric Beaudet. Les entreprises françaises associent un cloud public à un cloud privé dans le cas de Cloud bursting – pour gérer des pics de trafic saisonniers par exemple. Certaines migrent progressivement leurs workloads, se retrouvent aux prises « avec un environnement bimodal, très difficile à entretenir », explique-t-il.  « Le cloud hybride ajoute de la complexité dans l’orchestration et provoque ainsi une hausse des coûts. Ces coûts sont particulièrement difficiles à évaluer chez les hyperscalers et la facture peut vite exploser », estime l’analyste.

Des technologies hétérogènes

La complexité du cloud hybride nait d’abord dans la diversité des technologies à supporter. « On utilise des technologies différentes [d’un cloud à l’autre] et le cloud hybride crée un changement », témoigne à son tour Simon Decarpentries, Entreprise Solutions Sales, chez NetApp, pointant notamment les containers.

Gérer des données dans un environnement de cloud hybride s’apparente également à un parcours du combattant, relève-t-il en substance, évoquant des problèmes de transfert de données et de sécurité. « Comment en effet administrer une base de données dans le cloud public avec des données on-premise », s’interroge également Aurélien Kiener, Cloud Solution Specialist, chez Digora. « Où mettre la donnée pour avoir des performances optimales et comment gérer la sécurité. » Finalement, nombre d’entreprises se rallient, selon lui, à la cause de DbaaS (base de données as-a-service) et migrent leurs traitements complètement dans le cloud public.

De ce parc hétérogène nait également la nécessité d’unifier l’administration et la sécurité de cet environnement distribué. Côté monitoring de l’hybride, s’il existe des outils, la tâche demeure tout aussi ardue. « On ne parvient pas, ou peu, à avoir un niveau de supervision équivalent », témoigne Fathi Bellahcene, Head of architecture, chez Veepee, spécialiste du ecommerce. Et c’est d’autant plus difficile avec les environnements Saas, comme Office 365 ou GDrive.

Parce que l’hybride, naturellement plus ouvert, accroit la surface potentielle d’attaque, avoir une vue globale en matière de sécurité est, là encore, une nécessité, convient à son tour, Philippe Rondel, Senior Security and Evangelist chez Checkpoint. Il est indispensable « d’unifier les contrôles d’accès. […] La gestion des identités est clé dans le cloud hybride. Le cloud rime avec ouverture. Il est important de savoir qui se connecte aux données. » Et autant de complexité à gérer.

Des coûts élevés

Reste enfin la question des coûts. « Il existe un vrai coût à entrer dans l’hybride. Cela n’est pas neutre et très élevé », constate Fathi Bellahcene (Veepee), s’adossant à sa propre expérience.

Si cela peut s’interpréter par l’intégration de nouveaux outils de supervision et de sécurité pour gérer la distribution des traitements, des applications et des données, cette hausse de coûts provient également d’un facteur humain. En multipliant les technologies, on multiplie également les experts en interne. C’est un des points soulevés par Olivier Gerling, Sales Specialist chez Volterra. « Le cloud public, privé ou edge cloud créent des silos et cela coûte cher. Se doter une infrastructure unifiée permet de gérer les problèmes de compétences et évite de multiplier les experts dans plusieurs domaines et technologies ». L’acquisition de nouvelles compétences demeure en effet long et couteux pour les entreprises.