Data / IA
En 2026, le CEO devient chief AI officer
Par La rédaction, publié le 07 avril 2026
Le sort des CEO est désormais lié au succès du déploiement de l’IA dans leur entreprise. Le dernier rapport « AI Radar » de BCG le montre : il leur appartient d’orchestrer une métamorphose radicale.
Par Gildas Bouteiller, Directeur associé au BCG.
Fini de jouer. L’époque où l’IA était perçue comme une simple curiosité de laboratoire ou un moyen de réduire les coûts de « back-office » est révolue. Les dirigeants sont désormais conscients qu’elle représente bien plus qu’une simple opportunité technologique.
De la stratégie aux opérations en passant par la culture maison, la gestion des risques ou le recrutement, elle ouvre la voie à une transformation radicale du fonctionnement des organisations. Or, s’il est une personne qui possède à la fois la vision et l’autorité nécessaire pour relier ces différents aspects, c’est bien le CEO. C’est pourquoi il est appelé à devenir le premier décideur en matière d’IA.
L’année de l’accélération
Dans les grandes entreprises, c’est déjà le cas pour près de trois-quarts d’entre eux. Ils sont également un sur deux à estimer que la réussite à leur poste dépend de leur capacité à piloter la transformation IA de leur entreprise. Ces chiffres sont issus d’une récente étude menée par BCG dans 16 pays auprès de 2 400 dirigeants, dont 640 CEO. Et ce n’est qu’un début, car 2026 sera l’année de l’accélération. Les entreprises vont, en moyenne, doubler leurs dépenses en IA, qui passeront de 0,8 % à 1,7 % de leur chiffre d’affaires. La quasi-totalité des CEO déclarent vouloir maintenir cet effort financier même en l’absence de retours sur investissement immédiats. Pour de nombreux patrons, les mois à venir vont révéler leur véritable capacité à concrétiser leurs intentions.
Mais si l’enjeu est important, l’optimisme domine. Quatre CEO sur cinq se disent plus confiants qu’il y a un an concernant la rentabilité de leurs projets d’IA. La maturité des agents IA, ces outils capables de planifier, d’agir et d’apprendre, en est l’une des principales raisons. La quasi-totalité des dirigeants estime qu’ils engendreront, dès cette année, des retours sur investissement mesurables.
Ils sont tout aussi nombreux à penser que, d’ici 2028, l’IA les aidera à repenser leurs processus critiques en profondeur, voire à inventer des modèles économiques entièrement nouveaux. Mais tous n’ont pas le même niveau de préparation pour autant.
Dynamique constante
L’étude identifie trois catégories de dirigeants. La première est celle des « suiveurs ». Ils sont environ 15 % à reconnaître le potentiel de l’IA, mais à progresser lentement. Les investissements de leurs entreprises se limitent généralement à des projets pilotes ou à des améliorations à petite échelle. Ils avancent avec prudence, attendant des preuves plus tangibles de l’impact ou bien encore que la concurrence prenne les devants. Leur anxiété est plus forte et leur confiance plus faible.
Les « pragmatiques », eux, représentent 70 % des CEO. Ils adoptent une approche proactive et investissent davantage dans l’IA et dans leurs équipes. Contrairement aux suiveurs, les pragmatiques sont enthousiastes. Leur dynamique est constante, mais rarement disruptive. Ils évoluent avec le marché sans chercher à le devancer.
Cercle vertueux
La troisième catégorie est celle des « pionniers ». Ils sont 15 % à privilégier les transformations à grande échelle. On les trouve en priorité dans les secteurs de la technologie, de l’énergie et des services publics. Leur secret ? La mise en place d’un cercle vertueux qui repose sur cinq leviers. Ils ont d’abord fait de l’IA leur priorité absolue, plaçant son accélération au sommet de leur agenda. Ensuite, ils consacrent plus de six heures par semaine à se former pour comprendre les technologies en jeu. Troisième étape : décider d’investir à l’échelle. Fort de leur maîtrise du sujet, les « pionniers » mobilisent des capitaux importants afin de financer des changements vraiment structurels. Ces dépenses technologiques s’accompagnent d’autres dépenses organisationnelles : ces dirigeants allouent, en effet, 60 % de leur budget IA à la formation, la reconversion et l’acculturation des équipes. Enfin, ils mesurent leur retour sur investissement. Les résultats tangibles renforcent la confiance dans leur stratégie.
À quelle catégorie appartenez-vous ? Dans tous les cas, il vous revient à présent de dicter le tempo du changement. En 2026, l’IA sera ce que vous aurez choisi d’en faire.
