Microsoft, qui avait décidé de ne plus fournir de correctifs de sécurité pour son système d’exploitation Windows XP, a finalement changé son fusil d’épaule.

Le géant de l’informatique vient de publier une mise à jour dédiée aux versions 6 à 11 d’Internet Explorer, après la révélation, lundi, d’une faille majeure dans son navigateur web. Les autorités américaines avaient alors invité les internautes à privilégier d’autres navigateurs que celui de Microsoft, et la firme de Richmond avait annoncé travailler sur des correctifs dédiés aux dernières versions d’IE. Un planning qui excluait les utilisateurs de Windows XP, ceux-ci devenant de fait une cible privilégiée pour les pirates. 
Une lente migration
Cette décision, sur laquelle Microsoft est finalement revenue, démontre un peu plus à quel point l’entreprise américaine peine à faire migrer ses utilisateurs vers des versions plus récentes de son système d’exploitation.
En dépit des « releases » de deux nouveaux OS (Windows 7 et Windows 8), XP est toujours présent sur un quart à un tiers des PC à travers le monde, selon plusieurs rapports publiés depuis le début de l’année.
Au Royaume-Uni, une étude réalisée par l’éditeur AppSense révèle que 77 % des sociétés britanniques continueront d’utiliser au moins un poste de travail sous Windows XP en dépit de l’arrêt du support annoncé par Microsoft le 8 avril dernier.
Même au sein des gouvernements et multinationales, le parc de postes de travail équipés de XP serait supérieur à 10 %, plus de 12 ans après la sortie de la première version de l’OS.
Microsoft, entre deux chaises
L’utilisation toujours importante de XP, notamment en entreprise, freine Microsoft dans sa stratégie visant à faire migrer ses utilisateurs vers de nouvelles solutions. La firme de Richmond multiplie pourtant les appels du pied : fin du support généralisé, réductions tarifaires sur des modèles embarquant Windows 7 ou 8… Mais, en dépit des annonces, elle reste contrainte d’assurer un service minimum pour ne pas mécontenter certains de ses fidèles. Début avril, plusieurs clients de Microsoft avaient ainsi révélé que Microsoft avait accepté de brader ses supports individualisés, malgré son souhait de voir ses clients migrer vers une version plus récente de Windows. Et si Windows 7 est devenu l’OS le plus utilisé dans le monde, XP le talonne toujours. Quant à Windows 8, les diverses études publiées sur le Net estiment qu’il représente à peine 10 % du marché.