En 2019, mieux valait connaître quelques acronymes et nouveaux noms technologiques pour suivre l’actualité et les discussions informatiques à l’instar de Kubernetes, FaaS, CNAB, IPaaS, APIM… Voici le jargon clé de 2020…

L’an dernier, notre article « 10 nouveaux acronymes IT à connaître en 2019 » avait rencontré un fort succès. C’est donc tout naturellement que nous reprenons et améliorons l’idée cette année pour introduire quelques nouveaux acronymes et quelques nouvelles technologies dont il vaut mieux connaître la signification pour briller en société et bien évidemment suivre les débats d’idées et autres échanges entre gens de l’informatique…

AIOps : contraction de « AI for Operations », ce terme regroupe toutes les technologies et activités autour de l’utilisation de l’intelligence artificielle par les équipes l’IT pour fluidifier, automatiser et fiabiliser les opérations IT.

Anthos : c’est la solution « cloud hybride » de Google, une plateforme 100% logicielle intégralement basée sur Kubernetes et offrant sous forme de containers un petit nombre de services de GCP.

Biohackers : le Biohacking est une science pratiquée par des amateurs cherchant à étendre les capacités de leur cerveau ou de leur corps, soit par le biais de technologies d’édition et manipulation des gènes soit par le biais de composants électroniques directement greffés dans le corps. Au départ, le terme Biohacker désigne des amateurs du Biohacking. Par extension, il désigne de plus en plus des attaquants malintentionnés qui utilisent des techniques de Biohacking pour contourner des appareils d’authentification biométriques.

Blazor : Introduite en 2019 par Microsoft sous licence open source Apache 2.0, est un framework Web compatible Windows, Linux et macOS permettant de créer des applications Web Apps en C#, HTML et CSS. Cette technologie comporte de multiples facettes. Blazor Server pour des applications WEB exécutées côté serveur, Blazor WebAssembly pour des apps Web exécutées côté client (au sein d’une page Web), Blazor PWA qui dérive du précédent et permet l’exécution d’apps natives basées sur les technologies Web par des systèmes supportant nativement les applications « Progressive Web Apps », et enfin Mobile Blazor Bindings qui permet aux développeurs de créer des applications natives Android et iOS à l’aide de C#, .NET, HTML et CSS.
Parce que C# est l’un des langages les plus populaires en entreprise, Blazor est aujourd’hui perçu comme une technologie prometteuse pour développer des applications cross-plateformes à la fois pour Windows, ChromeOS, MacOS, le Web et les mobiles.
Pour se former à Blazor : https://channel9.msdn.com/Events/dotnetConf/Focus-on-Blazor

FinOps : Vous l’ignorez peut-être, mais votre entreprise ne pourra probablement pas se passer de « FinOps Teams », des équipes pluridisciplinaires et transversales capables d’appréhender les problèmes d’équilibre entre performance, qualité et coûts et de comprendre toutes les subtilités des coûts des clouds. Et contrairement à des financiers, ils sont capables de répondre en temps réel et dynamiquement aux questions…

Hyperautomation : terme plus ou moins inventé par Gartner, l’hyperautomation (hyper automatisation) regroupe toutes les technologies à base d’IA et de Machine Learning, qui permettent l’automatisation des processus et l’augmentation des capacités humaines. Elle combine IPA, jumeaux numériques, et IA pour arriver à des décisions prises automatiquement par des IA.

IAM (Identity & Access Management) : Les plateformes de gestion des identités et des accès sont bien loin d’être de nouvelles technologies. Mais on va beaucoup en parler en 2020. Non seulement parce que toutes les entreprises évoluent vers une sécurité « Zero Trust » et que le IAM en est une pierre angulaire. Mais aussi parce que le IAM est désormais de plus en plus intégré avec les solutions APIM (API Management) afin de contrôler qui accède aux API et dans quel contexte. En 2019, des acteurs comme Tesla ont subi des vols de données suite à des accès API mal paramétrés.

IPA (Intelligent Process Automation) : La RPA (Robotic Process Automation), autrement dit l’automatisation des processus métiers par des robots logiciels, a été la grande star de 2019. La plupart des plateformes RPA permettent d’appeler des services cognitifs et autres services IA pour analyser des documents et s’interfacer avec des processus humains. Mais une nouvelle génération de plateformes dites « IPA » voit le jour allant beaucoup plus loin dans l’intégration de l’IA afin d’en utiliser le potentiel pour rendre des systèmes plus autonomes et insuffler davantage d’intelligence au cœur même des processus afin de permettre aux robots logiciels de prendre seuls des décisions. Si la RPA permettait d’embrasser l’automatisation des métiers un peu comme une « rustine », l’IPA cherche à procurer un réel avantage concurrentiel. Si des acteurs comme UiPath, Blue Prism, ou Automation Anywhere incorporent de plus en plus d’IA dans leurs solutions RPA pour les amener vers l’IPA, d’autres acteurs comme PegaSystem ou plus encore Cognizant s’inscrivent dans une pure démarche IPA.

Kabanero : ce framework open source permettant de mettre en œuvre une chaîne DevOps spécialement pensée et optimisée pour Kubernetes et Knative. Il crée un pipeline CI/CD intégralement basé sur des outils open source réputés et permet aux développeurs, aux architectes et aux administrateurs IT de travailler ensemble plus rapidement. Selon IBM, « Kabanero donne aux entreprises le contrôle dont elles ont besoin dans les domaines liés à la gouvernance et à la conformité, tout en répondant aux besoins d’agilité et de rapidité des développeurs ». Kabanero intègre notamment d’autres technologies open source d’IBM comme Appsody (framework simplifiant la création de microservices en container pour Kubernetes), Codewind (intégration d’extensions de CI/CD pour Kubernetes au sein de VS Code et Eclipse) et Razee (livraison continue multi-clusters pour Kubernetes).
Pour en savoir plus : Développez des applications cloud native pour Kubernetes plus rapidement grâce à Kabanero et Kabanero.io.

Knative : Kubernetes s’est imposé la plateforme universelle d’orchestration des containers. Et désormais, tout le monde cherche à l’oublier et à la rendre la plus transparente possible. Knative est le framework Serverless (inventé par Google) conçu pour Kubernetes. Knative permet aux développeurs de simplement déposer les containers sur l’infrastructure sans se soucier des serveurs et se charge d’en assurer leur gestion réseau et leur montée en charge. Knative intègre également un système de gestion d’événements. Plus le temps passe, plus Knative devient une brique indissociable de toute implémentation Kubernetes.

KubeEdge : Kubernetes a rapproché les clouds et favoriser les approches hybrides. Construit sur les bases de Kubernetes, KubeEdge étend l’orchestration des containers aux infrastructures Edge. On peut le voir comme une version optimisée pour des ressources moindres de Kubernetes. C’est un projet développé dans le cadre du CNCF.
Pour en savoir plus : KubeEdge

OpenTelemetry : l’un des mots en vogue du moment c’est l’observabilité. Gestion de logs, métriques et traçabilité sont les trois composantes de l’observabilité, une science informatique qui s’est significativement complexifiée avec les approches en microservices. Développé dans le cadre d’une sandbox CNCF, ce framework gagne en popularité au point que certaines solutions d’observabilité du marché (Datadog, LightStep, Honeycomb) commencent à l’intégrer ou interagir avec.

Outposts : c’est la solution « cloud hybride » d’AWS qui consiste à placer dans les datacenters des entreprises des serveurs AWS hébergeant une bonne partie des services IaaS, PaaS, DBaaS, et autres services du cloud Amazon. Les serveurs sont administrés directement par AWS et ses équipes.

Process Mining : Le Data Mining consiste à explorer les données pour en retirer un savoir, des connaissances. Le Process Mining est une discipline qui, à l’heure de la RPA et de l’automatisation des processus métiers, permet de déduire les processus de l’entreprise – dont la plupart sont rarement formalisés ou modélisés – à partir des traces générées dans les journaux d’événements du SI. Des outils dopés à l’IA permettent désormais de réaliser du Process Mining relativement automatisé.

PWA : Les « Progressive Web App » sont des applications universelles qui donnent utilisent toutes les technologies du Web (côté client) mais donnent l’impression de s’exécuter en dehors du navigateur. Google et Microsoft poussent ce format. Les PWA peuvent accéder aux capteurs et notifications des plateformes. Par leur universalité, elles simplifient les approches des entreprises qui veulent créer des applications clients multiplateformes.

Services Mesh : les applications en microservices peuvent appeler des dizaines voire des centaines de services. Il est vite apparu qu’il faudrait ajouter au-dessus de la plateforme d’orchestration des containers une surcouche capable de documenter, de contrôler et d’optimiser la façon dont les différents services interagissent et discutent entre eux. C’est le rôle des « Services Meshes ». Ils simplifient la vie des développeurs qui n’ont plus à perdre du temps sur la communication des services, ils simplifient l’identification des problèmes d’échanges entre services et offrent de la traçabilité, ils donnent de la liberté dans l’évolution individuelle de charque service, ils aident à sécuriser l’ensemble. Istio, Linkerd, Consul, Envoy sont les principaux Services Mesh du marché.

SRE : Site Reliability Engineers… Une nouvelle génération d’ingénieurs informatiques chargés de trouver le juste milieu entre les impératifs de développement et les impératifs de fiabilité. Dans un monde de services et d’applications clouds, ils veillent à ce que la fiabilité attendue soit au rendez-vous et que les SLA promis en interne comme par les fournisseurs clouds sont bien respectés. Ils ont une approche très orientée métriques pour surveiller et anticiper les opérations cloud. Ils aident les équipes de développement à se refocaliser sur la fiabilité plutôt que sur l’ajout de fonctionnalités lorsque des dérives sont remarquées.

Virtual Kubelet : ce projet open source imaginé par Microsoft permet de rendre transparente les différentes implémentations Serverless des containers (Azure ACI, AWS Fargate, Google Cloud Run) grâce à des nœuds virtuels qui assurent une couche d’abstraction universelle au-dessus des implémentations propres à chaque fournisseurs de CaaS (Container as a Service).

WebAssembly ou WASM : fruit d’un effort du W3C débuté dès 2015 pour accélérer l’exécution des applications Web, WebAssembly est langage de bas niveau inspiré de l’assembleur qui peut être exécutée sous forme compilée par les navigateurs Web modernes. Pour faire simple, WebAssembly permet de compiler du code C, C++, Rust (et même C# via Blazor) en un format binaire compact qui peut être exécuté au sein d’une page Web afin d’accélérer l’exécution de fonctions qui seraient trop lentes en JavaScript.