Le nouveau rapport Infosys Digital Radar vient de sortir. Chaque année, ce rapport tente d’évaluer la maturité numérique des entreprises et de définir des indices pour permettre à chaque responsable d’évaluer son entreprise et visualiser les progrès qui restent à accomplir.

Le nouveau rapport Digital Radar 2020 d’Infosys montre que malgré la rapide multiplication des initiatives numériques au sein des entreprises, nombre de ces dernières semblent aujourd’hui avoir atteint une sorte de « plafond de maturité numérique ». Le rapport montre également que si la centricité sur le client est importante, les entreprises les plus prospères se concentrent tout autant désormais sur leurs employés. Enfin, l’étude dévoile également une évolution dans les freins et barrières à davantage de transformation numérique.

Traditionnellement, Infosys classe la maturité des entreprises en trois grands groupes : les « Watchers » (observateurs, les entreprises qui adoptent les transformations après les autres), les « Explorers » (explorateurs, les entreprises qui sont en pleine transformation numérique de leurs processus) et les « Visionaries » (visionnaires, les entreprises qui adoptent avant les autres les innovations numériques).

Un plafond difficile à franchir

En toute logique, au fil des années, le nombre de « Watchers » n’a cessé de décroître et celui des « Explorers » n’a cessé de croître. En revanche, le nombre d’entreprises « Visionaries » est resté stable. Une stabilité qui interpelle les rapporteurs qui constatent que les « Explorers » atteignent une sorte de plafond culturel, structurel et de maturité qui rend difficile le passage du niveau « Explorateurs » vers le niveau supérieur « Visionnaires ».

Progression de la maturité numérique des entreprises

« Tirer parti de la technologie pour accroître l’efficacité ne suffit plus. Afin de se différencier et de réussir, les grandes entreprises appliquent les innovations technologiques en fonction de leur impact sur les employés et les clients qui vont l’utiliser » explique Jonquil Hackenberg, Managing partner chez Infosys Consulting. Les entreprises qui ont réussi à franchir le plafond de maturité numérique et basculer dans la catégorie Visionnaires démontrent la valeur de cette nouvelle orientation des préoccupations. « Les résultats de notre étude montrent que les entreprises visionnaires utilisent plus fréquemment la technologie pour améliorer l’expérience de leurs clients et donner à leurs employés les moyens d’agir. De plus, ils utilisent plus fréquemment la technologie pour réagir rapidement aux changements Business » ajoute Jonquil Hackenberg.

Les axes de progression de la maturité numérique

L’étude mesure l’évolution de la maturité des entreprises selon 22 axes de transformation numérique répartis en 4 grandes catégories : Fondation (modernisation des systèmes existants), Piliers principaux (les initiatives clés autour de l’IA et de l’automatisation), Client (tout ce qui impacte l’expérience client comme les initiatives omni-channel et la personnalisation des contenus), et Avant-gardiste (qui regroupe toutes les initiatives s’appuyant sur des technologies de pointe comme la Blockchain, les drones ou la réalité mixte).
La particularité des entreprises ayant atteint la maturité « Visionnaires » est qu’elles ont su progresser sur les 22 axes de transformation.

Axes de maturité numérique

Toutefois Infosys a repéré cinq initiatives de transformation qui ont le plus d’impact et la priorité de bien des « Explorers » : l’impression 3D, l’intelligence artificielle, les plateformes de formation, la gestion des processus métiers (et la RPA), et le Digital Marketing.

Top initiatives

Des freins et des risques qui évoluent avec le niveau de maturité

L’étude s’intéresse également aux freins. Les entreprises ont en 2019 constaté d’importants progrès sur toutes les barrières technologiques mais restent toujours largement freinées par les freins humains et culturels qui constituent désormais les véritables obstacles à franchir pour que l’entreprise gagne vraiment en maturité numérique. « Se lancer dans de nouvelles initiatives technologiques nécessite de la clarté sur l’objectif final et une compréhension de la tâche à accomplir », note Alok Uniyal, responsable des solutions de qualité d’entreprise pour Infosys. « Je vois encore trop souvent des CxO entendre un mot à la mode et se lancer sur cette technologie sans être clairs sur la façon dont elle va contribuer à aider l’entreprise à atteindre ses objectifs. Ils sous-estiment les rôles que les changements de culture et d’état d’esprit vont jouer dans les processus sous-jacents ».
Sans surprise, les entreprises des différentes catégories de maturité digitale ont des points de vue divergents sur les obstacles qu’ils jugent les plus difficiles à franchir pour concrétiser leurs projets de transformation technologique au cours de l’année à venir.
– Les visionnaires prédisent que l’incapacité d’expérimenter rapidement et la cybersécurité seront leurs plus grands défis en 2020.
– Les explorateurs sont très préoccupés par leur propre manque de vision en tant qu’entreprise.
– Les observateurs considèrent que leur plus grand défi reste un budget insuffisant.

Freins et risques de la transformation numérique

D’une manière générale, en comparant les risques attendus l’an dernier et ceux finalement rencontrés, Infosys constate que les entreprises avancent plus vite qu’elles ne l’espéraient dans des domaines comme la modernisation des systèmes Legacy, la cybersécurité, ou la suppression des silos mais moins vite qu’elles ne l’anticipaient sur leur capacité à expérimenter rapidement et à contrer les freins culturels.

Autre information relativement éclairante, si les entreprises de la Tech sont naturellement plus sensibles aux technologies et en avance en matière de maturité numérique, les autres secteurs comblent peu à peu le fossé qui les séparait des leaders de la transformation. La santé et la logistique étant les deux secteurs à avoir le plus progressé en un an.

Maturité numérique selon les secteurs

Enfin on retiendra de cette étude que la France est loin d’être à la traine. Elle compte le plus faible pourcentage de « Watchers » et compte davantage de « Visionnaires » que la Chine ou l’Allemagne par exemple.

Maturité numérique par pays


Source : Infosys Digital Radar 2020