« Où sont les femmes ? » chantait Patrick Juvet dans les années 70 avant que les DSI ne reprennent en cœur ce refrain depuis le milieu des années 2010 en tentant d’insuffler davantage d’égalité des genres dans leurs équipes. Bonne nouvelle, elles se font plus présentes, tout au moins dans le domaine de cybersécurité.

Si l’on en croit la Commission européenne et son étude « les femmes à l’ère numérique » qui date de 2018, le secteur du numérique attire et emploie trois plus d’hommes que de femmes. Alors qu’elles représentent plus de 57% des diplômés de l’enseignement supérieur dans l’UE, les femmes représentent moins de 25% des diplômés dans les domaines liés aux TIC, et très peu d’entre elles finissent par travailler dans le secteur. Ainsi, selon la Commission, les femmes ne constituent que 13% des diplômés dans les domaines liés aux TIC travaillant dans des emplois numériques.

Selon ce rapport, « Globalement, la participation des femmes dans le secteur des TIC et du numérique ne s’améliore pas de manière significative. Ce n’est qu’en examinant le niveau micro que nous trouvons des initiatives qui montrent le chemin de la transformation. ».

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Et parmi ces « niveaux micro », une bonne nouvelle provient de l’univers de la Cybersécurité. Dans ce domaine, la dernière étude de l’institut SANS (sponsorisée par ThreatQuotient ainsi que LogRythm, ThreatConnect et Cisco) montre que le nombre de femmes a presque doublé en 6 ans. Une courbe qui va dans le bon sens alors qu’à l’échelon européen, le rapport de l’UE s’inquiétait de voir diminuer le nombre de diplômées travaillant dans le secteur numérique.

Pour l’Union Européenne, le manque de femmes dans le numérique est le fruit de « biais inconscients forts ». Ils sont à l’origine du manque d’appétence des femmes pour les études et les emplois du numérique et à l’origine également d’une discrimination historique qui se poursuit dans certaines entreprises.

L’un des résultats les plus intéressants de l’étude SANS montre que, dans le domaine de la cybersécurité, le « mentorat » n’est pas sexiste. Seulement 7% des femmes ont été embauchées et aidées grâce à l’appui d’une séniore. 31% l’ont été par des hommes, et 37% l’ont été à la fois par des hommes et des femmes. Cependant, 25 % des femmes interrogées ont déclaré n’avoir jamais bénéficié d’une forme quelconque de mentorat.

Il est important toutefois de noter que pour 41% des femmes qui ont été promues à un poste de direction ou de management dans le domaine de la cybersécurité, c’est « le fait d’être au bon endroit au bon moment » qui est le principal facteur de leur progression. À l’heure où les entreprises cherchent impérativement à diversifier leurs équipes, c’est assez logique. Les expériences et les certifications n’arrivent qu’en seconde (37%) et troisième place (34%) et demeurent bien heureusement essentielles.

Cet intérêt croissant des femmes pour la cybersécurité est une bonne nouvelle. Le secteur est en manque d’experts et ce manque ne pourra être comblé sans davantage de diversité, et donc de présence féminine dans les équipes cyber et plus en amont dans les écoles et formations aux métiers de ce domaine. Selon le Cercle des femmes de la cybersécurité (CEFCYS), « les professionnels évaluaient en France en 2019 à plus d’un millier le nombre de postes pourvus sur les 6 000 ouverts ». Les estimations varient de 5 000 à 10 000 emplois à pourvoir en 2020, selon le périmètre considéré pour ce secteur.


Source :
Women in Cybersecurity : Spanning the Career Life Cycle

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