Député radical du Calvados, Alain Tourret a demandé à la Garde des sceaux des explications sur les choix qui ont présidé à la mise en œuvre de la Plateforme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ). Ce système d’interception et d’écoute des échanges téléphoniques ou électroniques permettra de traiter en un lieu unique (à Elancourt, dans les Yvelines) les quelque 40 000 écoutes autorisées chaque année par les juges. L’élu s’étonne que l’Etat ait choisi de déléguer à une entreprise privée, Thales, une mission aussi sensible.

L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) aurait émis des réserves sur l’infogérance et l’hébergement de la PNIJ par Thales. Le député s’inquiète aussi du dérapage financier. « Le projet dont le coût était estimé à 17 millions d’euros approcherait désormais les 47 millions d’euros. » A ce montant, il faudrait ajouter une cinquantaine d’autres millions pour couvrir des dépenses non prévues telles que le déploiement de fibre optique ou le redimensionnement des réseaux.