En 1961, General Motors installait dans l’une de ses usines du New Jersey le premier robot industriel. Aujourd’hui, ils sont plus d’un million sur la planète.

C’est à George Devol, pionnier de la robotique, que l’on doit l’Unimate, considéré comme le premier robot industriel moderne. Le fabricant de voitures américain General Motors sera le premier à installer ce bras articulé dans l’une de ses usines en 1961. L’Unimate a alors pour tâche de se saisir des pièces de métal chaudes et de les empiler, une tâche particulièrement éprouvante pour les ouvriers. A cette époque, aucun ordinateur ne guide les mouvements de ce robot : ses instructions lui viennent d’un disque magnétique.

Après ce premier galop d’essai, il faudra attendre 1966 pour que les Unimate soit largement déployés dans l’industrie automobile. Unimation, la société de George Devol, améliore son robot des années durant, connaissant un succès certain auprès des constructeurs automobiles américains, européens et japonais. Une licence de fabrication sera même accordée à Kawasaki, qui en produisit 2 400 exemplaires. On sait ce qu’il advint par la suite : le Japon s’est fait le champion de la robotique mondiale. En 1982, Unimation est vendu à Westinghouse, qui le revendra en 1988 à Stäubli.

Selon une étude de l’IFR Statistical Department allemand, 2,142 millions de robots ont été fabriqués entre les années 60 et la fin 2010. Avec une durée de vie moyenne de douze ans, les analystes estiment qu’aujourd’hui, de 1 à 1,3 million de robots  travaillent pour nous dans les usines dans le monde. Si l’industrie automobile est restée une grosse consommatrice de robots industriels, pour la première fois en 2010, le secteur de l’électronique a acheté plus de robots (plus de 25 000) que les constructeurs automobiles (20 000).

Les équipementiers automobiles, eux, ont acheté 12 500 de ces robots, suivis par les industriels du secteur de la chimie et des plastiques, avec un peu plus de 10 000 unités. Le marché, qui avait été sinistré par la crise financière de 2009, a quasiment doublé en 2010, année où il atteint 5,7 milliards de dollars de chiffres d’affaires.

Vers une accélération radicale de l’équipement des industriels ?

Le secteur électronique s’équipe à grande vitesse et pourrait rapidement devenir plus important que le secteur automobile. On se souvient des déclarations de Foxconn, le sous-traitant d’Apple, fabriquant des iPhones et des iPad. Celui-ci qui utilise 10 000 robots a annoncé sa volonté de s’équiper d’un million de robots pour remplacer 500 000 de ses 1,2 million d’ouvriers.

Si la déclaration n’était pas exempte d’arrière-pensées, l’industriel chinois cherchant à modérer les revendications de salariales de ses ouvriers. Si Foxconn met à exécution son plan de déploiement, 300 000 robots seront installés sur ses chaînes de montage en 2012 et 1 million sur trois ans. On imagine l’impact d’un tel déploiement sur l’industrie robotique, qui, en 2010, n’a livré « que » 18 000 unités aux industriels, tous pays confondus.

Cette commande record replacerait aussi la Chine parmi les grandes puissances robotiques, aujourd’hui largement dominées par le Japon et les Etats-Unis, suivis de l’Allemagne et la Corée du Sud.

Les pays les plus équipés en robots industriels en 2010