Le parc animalier a structuré son infrastructure IT sur site en ayant recours aux appliances hyperconvergées de Nutanix pour y héberger certaines de ses applications internes. Retour sur un parcours jonché d’embûches qui a conduit le ZooPark de Beauval à adopter une hyperconvergence hybride.

« Le moindre grain de sable peut venir de l’IT. » À elle seule, cette phrase, prononcée par Sylvain Spodar, DSI du ZooParc de Beauval, pourrait résumer l’objectif de stabilité qu’il s’est fixé il y a cinq ans à son arrivée. Ce parc de 85 hectares expose plus de 900 espèces et quelque 30  000 animaux aux 1,6 million de visiteurs qu’il accueille tous les ans. Mais c’est aussi une petite ville à part entière où se dressent trois hôtels, une résidence hôtelière, de la restauration rapide, des boutiques et une télécabine qui relie les extrémités du parc. Là cohabitent 85 corps de métier différents, dont le volume varie souvent en fonction des saisons et des pics d’activité.

Pour mettre en musique l’IT de ce premier zoo de France – et 13e lieu touristique le plus visité dans l’Hexagone – Sylvain Spodar a eu du pain sur la planche pour entamer tambour battant un vaste chantier de modernisation qui dure depuis maintenant cinq ans.

Sylvain Spodar, DSI du ZooParc de Beauval

Sylvain Spodar,
DSI, ZooParc de Beauval
« Avec une équipe IT limitée, certes en expansion aujourd’hui, il faut toutefois que cela fonctionne simplement »

Et tout a commencé par un grain de sable justement : en 2016, le site connaît un double incident, une panne réseau et un ransomware, qui va servir de catalyseur. Des incidents « qui nous ont fait prendre conscience que l’IT devait être structuré et stabilisé ». D’autant que, bis repetita, un second ransomware devait semer un peu plus le trouble en 2017 sur le serveur hôtelier.

Pas question donc de démarrer ce vaste chantier sans avoir d’abord stabilisé un réseau bancal, pour y asseoir une infrastructure solide et travailler sans latence. Ce sera chose faite grâce à un dispositif fibré, opéré notamment par Bouygues Télécom.

En termes d’applications, le zoo a une installation historique artisanale : un serveur physique par applicatif, sans sauvegarde ni redondance. Le parc a mis en place un dispositif hybride (sur site et dans le cloud). Les systèmes liés à la billetterie ainsi qu’aux boutiques sont bien en mode SaaS. Le système hôtelier, celui pour la restauration rapide et les outils opérationnels restent sur site pour des raisons de latence. Mais avec la montée en puissance du parc et l’ouverture d’un nouvel hôtel en 2018, le DSI entame une nouvelle phase. « Je ne voulais pas me lancer dans la virtualisation. Il existe une certaine complexité à mettre en place VMware ; et nous n’étions que trois à l’IT », explique Sylvain Spodar.

UNE EXPÉRIENCE AWS PEU FRUCTUEUSE

Le zoo monte alors son logiciel hôtelier dans le cloud AWS, à commencer par celui du dernier hôtel ouvert. « Les premières semaines se sont bien passées. Le logiciel a commencé à grossir en termes de données », poursuit-il.
Les autres hôtels s’y sont raccordés accentuant ainsi l’effet d’échelle, avec un nombre de réservations encore plus important à gérer. « Le logiciel, mal conçu à la base, s’est mis à ramer et la latence était de plus en plus importante. » Il faut dire que rien que le calendrier effectuait près de 900 requêtes : « les écrans mettaient une à deux minutes à se charger. »
Sylvain Spodar et son équipe tentent bien de contourner ces effets de latence en s’appuyant sur Workspaces, le service de virtualisation de poste de travail d’AWS – « une rustine pour quelques mois ».
Mais à partir de là, les coûts explosent.

DU CLOUD À L’HYPERCONVERGENCE

Le ZooPark de Beauval a fait le choix d'une hyperconvergence hybridePlus mûr dans ses réflexions, le DSI se met alors à considérer la virtualisation. Outre HPE et Dell, les outils hyperconvergés de Nutanix ont attiré son attention pour leur simplicité d’utilisation – le leitmotiv des appliances d’hyperconvergence – et pour des raisons économiques. À vrai dire, « le budget (lié à AWS Workspaces, NDLR) paie Nutanix », lance-t-il. Avec une équipe IT limitée, certes en expansion aujourd’hui, « il faut toutefois que cela fonctionne simplement ».

Au zoo de Beauval, Nutanix se résume à deux clusters de trois nœuds, localisés dans deux salles distinctes dans le parc. Ces deux sites sont en redondance sur un mode actif-actif, à savoir chaque salle sauvegarde l’autre. « Si une salle tombe, l’autre peut ainsi prendre le relai. Le coup de pelleteuse et les pannes électriques sont les plus gros risques », assure Sylvain Spodar.
Le zoo est en effet très exposé et l’environnement est peu propice à l’informatique. « On doit se préparer à toutes éventualités et limiter la durée des pannes. »

Côté configuration, 30 machines virtuelles et 6  To de stockage utiles sont notamment alloués pour héberger au sein du parc le système hôtelier, les applicatifs liés à la restauration ainsi que les outils opérationnels. L’ensemble est sauvegardé avec Netapp IQ ainsi que sur le cloud AWS (S3 et Glacier, via également IQ).
Le cluster Nutanix doit aussi héberger la solution de gestion du parc de logements et de suivi des saisonniers (en charge notamment des loyers et des quittances) qui peuplent le parc à certaines périodes de l’année. Les données issues des 200 terminaux mobiles disséminés dans le zoo (auprès des responsables animaliers et hôteliers) sont également remontées vers le cluster. Enfin, la vidéosurveillance transite également via Nutanix.

SUIVRE UN MODÈLE HYBRIDE

Le zoo n’a pas coupé tout lien avec AWS. Ce dernier supporte les sites internet du parc ainsi que la majeure partie des outils liés à l’analyse des données, un autre grand chantier en cours à Beauval. « Jusqu’alors, nous disposions de nombreux outils et de logiciels, mais les données n’étaient pas croisées », explique le DSI.

Depuis deux ans, le zoo a entrepris de rattraper son retard en matière de traitement de données, et s’est doté depuis un an d’un data lake dans lequel sont déversées les données de tous les logiciels. Assez rare pour une entreprise de cette taille, le zoo a même recruté un data scientist.

Et d’innovations, les équipes IT en recèlent, ne serait-ce qu’en matière d’IoT et de 5G par exemple appliquées notamment à la gestion animalière. Quelque 20 sondes mesurent actuellement les températures de différents enclos – traditionnellement, les relevés sont effectués à la main et sur papier. « La latence étant un sujet clé pour le zoo, la 5G pourrait ainsi étendre le réseau là où la fibre est difficile à installer », commente le DSI. Cela pourrait par exemple être utilisé pour accélérer la remontée de vidéos mobiles par les animaliers, aujourd’hui réalisée en 4G.

L’ENTREPRISE

ACTIVITÉ : Zoo
EFFECTIF : 450 permanents, 1.100 collaborateurs en saison
      CA : CA 65 M€ (2020)