Une nouvelle étude sur l’IA au travail montre qu’à l’échelle mondiale, l’adoption de l’IA au sein des processus de l’entreprise pourrait être plus fluide qu’annoncé. Sauf en France et au Royaume-Uni, les deux pays les plus réfractaires à un tel changement.

Le cabinet d’études Future Workplace et l’éditeur Oracle ont publié les résultats de leur deuxième étude sur l’IA au travail. Et les résultats sont assez surprenants. Selon cette enquête menée auprès de 8370 salariés, managers et DRH dans 10 pays, 64% des collaborateurs dans le monde feraient davantage confiance à un robot qu’à leur manager. Même dans un pays culturellement réfractaire au changement comme la France, ils sont plus d’une majorité (52%) à faire davantage confiance à une IA qu’à leurs dirigeants. Le record de bienveillance face à l’IA est battu par l’Inde avec 90% des collaborateurs en faveur de l’IA plutôt que de leurs managers. Une question qui finalement en dit aussi long sur l’adoption de l’IA que sur les relations entre les collaborateurs et ceux qui les dirigent.
Selon l’étude, les managers sont jugés par les salariés meilleurs que les robots sur des activités comme la compréhension de leurs sentiments (45%), l’encadrement (33 %), la création d’une culture de travail (29 %) ou encore l’évaluation de la productivité de l’équipe (26%). En revanche, les robots sont jugés plus efficaces que les directeurs humains à des tâches comme délivrer des informations fiables et impartiales (36%), permettre de respecter les horaires de travail (34%), résoudre des problèmes métier (29%) ou gérer un budget (26%).

D’une manière générale, les employés interrogés se sont montrés plus curieux et enthousiastes à l’arrivée de l’IA qu’inquiets ou réticents. 38% des salariés dans le monde se disent « émerveillés » et « excités » par cette présence anticipée de l’IA dans leur quotidien professionnel. Des mots qui ne reviennent cependant dans la bouche que de 8% des salariés français décidément beaucoup plus circonspects face à l’IA et aux robots que le reste du monde.

L’IA change le travail

L’étude montre que l’IA a déjà – et le fera encore davantage dans les années à venir – changé la relation entre les collaborateurs et la technologie. Pour 46%, cette arrivée de l’IA dans leur travail leur dégagera d’abord davantage de temps libre. 36% pensent qu’elle leur permettra d’apprendre de nouvelles compétences ou aptitudes. 28% espèrent que cette IA leur permettra d’étendre leur rôle actuel vers davantage de responsabilités stratégiques. Ils ne sont que 19% à penser que l’IA ne leur ouvrira aucune nouvelle opportunité et 16% à penser (étrangement) que l’arrivée de l’IA leur permettra d’avoir un meilleur salaire.
Parmi les collaborateurs déjà confrontés à une robotisation des processus, 34% disent entretenir une relation « fonctionnelle » avec l’IA alors que 25% la qualifient de « confortable ».

L’IA déjà à l’oeuvre

L’étude s’attache également à déterminer où l’IA est d’ores et déjà utilisée dans l’entreprise. Selon l’étude, la collection des données sur les employés et les clients arrivent en tête (31%) devant la formation au développement logiciel (28%), la gestion du support client (24%), les chatbots et autres assistants (22%), l’analyse de CV (21%), la prédiction des embauches (17%).

Enfin l’étude montre que les employés demandent davantage de personnalisation de l’IT à leurs besoins et un accès simplifié au potentiel de l’IA. Toutefois ils sont 60% à estimer que les entreprises doivent protéger leurs jobs des effets de bord de l’automatisation. On retiendra également que, sans surprise, le Japon et la France sont les deux pays les plus en retard sur l’adoption des technologies IA dans l’environnement de travail.

Source :
AI Is Winning Hearts & Minds in the Workplace