Une étude IFOP pour le collectif Impact AI montre que si les français ont une image plutôt positive, ils ne sont pas encore prêts à adhérer totalement à son développement.

Sans confiance, aucune technologie ne peut s’imposer. Impact AI, le premier observatoire de la notoriété et de l’image de l’intelligence artificielle en France, vient de publier sous forme d’infographie les résultats d’un sondage IFOP. Celui-ci vient sans surprise confirmer que d’une manière générale les français ont déjà entendu parler de l’IA : 88% connaissent le concept.
Pour autant ils ne sont que 48% à savoir précisément ce qu’il recouvre.
Sans surprise, c’est chez les « Digital Natives », autrement dit les 18-24 ans, que l’influence de l’IA est la plus concrète au quotidien. Pour autant, bien des Français utilisent des services s’appuyant sur l’IA sans identifier sa « présence ». Typiquement, moins de 25% des français ont conscience que derrière les technologies de correction de frappes sur leur smartphone ou de tris automatiques de leurs emails se cachent des algorithmes de machine learning/deep learning.

Sans surprise, les cadres et autres salariés bénéficiant d’une position sociale relativement élevée ont une meilleure connaissance de l’IA et de ses usages au quotidien, en ayant déjà recours à travers les outils qu’ils utilisent. C’est particulièrement vrai dans le monde de la R&D (63%), des services (59%), du commercial (58%) et des nouvelles technologies (55%). A contrario, 84% des salariés du BTP n’ont jamais recours à l’IA dans leur vie personnelle et surtout 91% dans leur vie professionnelle.

Plus intéressant, 73% des sondés perçoivent l’IA plutôt positivement et sont 63% à lui faire confiance. Cependant 74% des travailleurs indépendants craignent un impact négatif sur leur activité et 53% des salariés estiment que les impacts seront plutôt négatifs dès qu’il s’agit de leur propre emploi. Autrement dit, les Français ont plutôt globalement une bonne image de l’IA, mais demeurent très inquiets de son impact sur leur métier et leur emploi. D’ailleurs, la peur de voir un jour les machines dominer les hommes est très minoritaire dans les réponses, les Français étant plus focalisés sur des risques tangibles et les conséquences sociales.

 

De même, l’Intelligence Artificielle reste surtout perçue, pour deux tiers des Français, comme un outil qui peut simplifier le quotidien en prenant en charge les tâches pénibles et répétitives. Ils ne sont que 4% à en percevoir le potentiel pour élargir les connaissances et que 2% à en discerner la capacité à pallier les insuffisances humaines ou encore à améliorer l’aide aux plus fragiles et l’intégration des handicaps.

La crainte sur l’emploi et ce manque de perception du potentiel de l’IA expliquent en grande partie pourquoi – malgré une impression plutôt positive – l’IA est bien loin de remporter une franche adhésion : ils ne sont que 17% des sondés à adhérer au développement de l’IA (ils ne sont également que 17% à être franchement contre).

Il en résulte un besoin d’information bien exprimé puisque 62% des personnes interrogées souhaiteraient être mieux sensibilisés sur les applications pratiques de l’IA et ses conséquences. Ils sont 16% à affirmer ne pas s’intéresser particulièrement aux débats qui entourent l’intelligence artificielle….

Source :
Impact-AI : Observatoire – Sondage 2018