Chaque année BMC ou Micro Focus produisent des études pour montrer que les mainframes existent toujours et cerner les préoccupations dont une partie de la dette technique repose toujours sur ces mastodontes.

BMC vient ainsi de publier la 16ème édition de son étude annuelle consacrée aux mainframes. Celle-ci montre que « les grandes entreprises continuent d’investir dans les solutions mainframe, d’innover avec l’approche DevOps, et d’intégrer systèmes et équipes afin d’accélérer leur transformation numérique ». Bref, le rapport veut démontrer qu’il existe un consensus clair chez les utilisateurs de mainframes : ces machines sont importantes et ont un rôle toujours croissant à jouer dans le futur du digital business des entreprises. Difficile pour un éditeur donc l’activité dépend fortement de ce marché de proclamer l’inverse. Mais les chiffres sont quand même assez parlants :

92% des 1300 professionnels interrogés (tous d’entreprises disposant de mainframes) continuent de percevoir le mainframe comme une plateforme qui contribue sur le long terme à la croissance et aux nouveaux workloads.

72% des grandes entreprises ont plus de la moitié de leurs données sur Mainframe.

Ça , c’est la vision la plus optimiste des choses. Dans la pratique et en se concentrant uniquement sur les DSI, les choses sont tellement plus contrastées que l’étude répartit la population en deux catégories : « Les champions » qui continuent d’être ardents défenseurs de cet environnement et « Les Laggards (Retardataires) » qui n’ont pas le même enthousiasme et n’augmentent plus leurs investissements mainframes.
À noter que les « Champions » représentent 81% des entreprises interrogées, et les « Laggards » seulement 19%.

Et au final, ils ne sont plus que 64% des DSI « Champions » à croire que le mainframe va continuer de croître et toujours attirer de nouveaux Workloads.

Ce qui est intéressant chez ces « champions », c’est qu’ils continuent d’investir dans cet univers notamment pour l’attirer vers des pratiques modernes de développement en l’intégrant aux chaînes DevOps, en l’opérant de façon moderne à base d’AIOps et en l’incluant dans les processus d’observabilité et les outillages de la cybersécurité.

Faire entrer l’univers des mainframes dans le monde du développement Agile et du DevOps est une préoccupation première pour les « Champions ». 80% de ces DSI veulent ainsi pouvoir mettre à jour les applications plus fréquemment (40% le font une fois par semaine ou tous les 15 jours).

Et forcément, 63% de ces « Champions » des mainframes font aujourd’hui de la cybersécurité et de la conformité leur plus grande priorité. C’est logique. Avec la disparition des défenses périmétriques, les Mainframes ne sont plus considérés – à juste titre – comme des forteresses inviolables.

D’ailleurs 85% des responsables « champions » envoient désormais les données mainframes vers le SIEM de l’entreprise.

Plus intéressant encore, 86% des professionnels Mainframes ont conduit un audit de sécurité interne ces deux dernières années ayant révélé au moins une vulnérabilité non adressée sur leur mainframe.

Et la plupart des vulnérabilités repérées concernaient soit le système d’exploitation (41%) soit des défauts de configuration (40%).

Bref, les mainframes sont toujours là, ne sont pas perçus comme de la dette technique par une large majorité des entreprises qui les utilisent, et s’intègrent même peu à peu dans les processus modernes de développement, de management opérationnel et de résilience.


Source : BMC Mainframe Research – BMC Software