Bras armé de la Défense américaine en matière de recherche, la DARPA a dévoilé les détails de son prochain challenge robotique. Des épreuves particulièrement ambitieuses, pour des robots incroyables.

Les challenges lancés par la DARPA (Agence pour les projets de recherche avancée de défense) constituent, depuis de nombreuses années, un véritable moteur pour la recherche et l’industrie robotique des Etats-Unis. Le prochain ‘Darpa Robotics Challenge’, qui se disputera en 2014, ne fait pas exception à la rêgle. Les premiers essais auront lieu sur la piste de l’anneau de vitesse d’Homestead à Miami en décembre et cette édition se pose comme un véritable défi pour toute la communauté robotique américaine. Le thème choisit pour les épreuves est l’intervention sur une catastrophe naturelle ou un accident type Fukushima. La technologie robotique actuelle permet-elle de créer un robot sauveteur efficace sur le terrain, tel est l’enjeu de la compétition.

8 épreuves complémentaires

Pour évaluer quel sera le meilleur robot et le meilleur logiciel dans un tel environnement, les spécialistes de la DARPA ont imaginés 8 épreuves particulièrement complexes pour une intelligence artificielle. Ainsi certains pourraient bien avoir des difficultés dès la première d’entre-elles qui semble particulièrement exigeante : le robot va devoir s’installer dans un petit véhicule tout-terrain, un Polaris amélioré pour l’occasion, et conduire sa voiture sur un parcours de 250ft (environ 76m). Pour corser l’exercice, la piste sera pour l’occasion obstruée de barrières qui transformeront ce parcours en véritable slalom. 

Pour la seconde épreuve, le robot va devoir prendre son courage à deux mains (s’il en dispose), et franchir à pied un parcours  semé d’embuches. Des parpaings, des plans inclinés, des obstacles de toutes sortes chercheront à faire chuter notre apprenti sauveteur. Pour la troisième épreuve, le robot va devoir faire preuve de force et de dextérité : il lui faudra dégager l’accès d’une porte devant laquelle les testeurs auront disposé de multiples débris. L’épreuve suivante verra le robot passer trois portes fermées le plus rapidement possible. Les portes s’ouvrent avec des poignées classiques : l’une se pousse, l’autre se tire et la troisième est lestée. Le robot va ensuite devoir monter à une échelle inclinée à 60°, échelle disposée sur un container standard. 

L’aventure reprend pour le robot qui va devoir ouvrir un passage dans un mur, non pas à coup de poings, n’est pas Iron Man qui veut, mais en utilisant des outils bien connus des bricoleurs : une perceuse, un outil de perçage, un outil multi-fonctions Ryobi. Son mur traversé, le robot va devoir localiser sur un mur des vannes dont il va devoir n’en fermer que quelques-unes : c’est l’épreuve 7. Enfin, dernière épreuve de ce périple, le robot va devoir connecter une lance à incendie sur une arrivée d’eau.

Pour stimuler la compétition, la DARPA a financé la construction d’ATLAS, un robot de type humanoïde mais dont la morphologie est finalement plus proche de celle d’un Terminator que d’un humain. Fabriqué par Boston Dynamics, celui-ci est un descendant de Petman, robot marcheur mis au point par la firme américaine. Il dispose de 2 bras, 2 jambes, d’un système hydraulique pour animer ses 28 actionneurs. Sur la tête, un LIDAR (système laser) lui permet de se repérer dans l’espace et se créer une cartographie mentale (si l’on peut dire) de son environnement. Ce gros bébé mesure 1m 87 et pèse tout de même près de 150kg.

Sur les 36 équipes de 8 pays différents qui se sont qualifiées pour participer à la compétition en passant les épreuves virtuellement, les 6 meilleures ont bénéficiées d’un financement de la DARPA et d’un exemplaire de l’ATLAS. 9 ont annoncé avoir décrocher les financements suffisants pour poursuivre l’épreuve et mener les premiers tests sur le terrain. Toutes les équipes s’affronteront-elle avec le même robot ? Plusieurs  ont dévoilée des projets de robots pour certains comparables à ATLAS, pour certains très différents. 

L’université de Virginia Tech par exemple avait ainsi présenté THOR, pour Tactical Hazardous Operations Robot, un robot humanoïde mesurant 1m 60 qui pourrait donner du fil à retordre à ATLAS. L’université Carnegie Mellon mise sur CHIMP, un robot à chenilles semblé tout droit sortie d’un film SF des années 50, mais l’entreprise est sérieuse et de nombreux industriels soutiennent le projet de la prestigieuse université. Parmi les projets les plus bizarres, Schaft, le robot japonais se démarque car il est tout-électrique contrairement à ATLAS, par exemple, il n’a pas de système hydraulique. Enfin, citons le très bizarre RoboSimian. Contrairement à ses rivaux, celui-ci ne cède pas à l’approche humanoïde, mais ressemble beaucoup plus à un crabe à 4 pates qu’à un sauveteur d’Alerte à Malibu. Il n’en reste pas moins l’un des favoris car l’équipe qui l’a créé, rien moins que le JPL (Jet Propulsion Laboratory de la NASA) et l’Université de Stanford, s’est classée 6ème lors des qualifications. Rendez-vous en décembre pour voir ces robots à l’entrainement et 2014 pour voir leurs affrontements.