Passionné par toutes les facettes de l’activité, bien au-delà de la technologie, Gilles de Richemond (re)place l’IT au coeur du business des entreprises où il passe.

À la sortie de son école d’ingénieur, une formation généraliste, Gilles de Richemond choisit le journalisme. « J’avais fait de la veille technologique lors de stages. C’était dans la continuité », justifie-t-il. S’il ne sait pas encore précisément ce qu’il va faire, une certitude est présente : « Je n’étais pas fait pour un bureau d’études ».

Un an et demi après, il quitte la presse pour se lancer dans l’entreprenariat avec un ami. Sa société, Archimétrie, édite un logiciel de gestion de contenu destiné au secteur du bâtiment. L’aventure le motive, mais le développement de l’éditeur est largement freiné par l’éclatement de la bulle internet. « Nous avions un peu de mal à en vivre », se souvient-il.

Notre homme entre alors chez TPS. Dans cette entreprise, « relativement petite à l’époque », il trouve un challenge multifacettes à sa mesure. « Il fallait monter le premier site web dédié aux abonnements, mettre en place la virtualisation… À l’époque, j’ai aussi découvert le côté industrie lourde de l’IT : les salles serveurs, la gestion des incidents, le SLA avec des clients internes… », insiste notre interlocuteur.

Quelques années plus tard, il repart à l’aventure chez Transavia, la filiale low cost d’Air France. Il s’agit encore de presque tout faire au niveau IT avec une contrainte spécifique. « L’activité de cette compagnie est saisonnière. Les taille des équipes, pilotes… double entre l’été et l’hiver. L’IT devait intégrer cette “scalabilité”, s’adapter à la réalité opérationnelle », décrit Gilles de Richemond.

Notre homme trouve à l’époque de nouvelles facettes à son activité, qui le passionnent encore : la transformation et l’agilité. Il les met en musique chez Voyages- SNCF Technologies, en particulier à travers la digital factory. « Quand je suis arrivé, trois mises à jour étaient lancées par an. Quelques années après, le rythme des mises à jour était quotidien », illustre-il.

Aujourd’hui chez Accor, « je suis passé dans le vaisseau amiral », il travaille sur la transformation en profondeur de l’entreprise au-delà de l’IT. « Accor a vendu les murs, notre métier est désormais de vendre des services aux hôteliers », explique le DSI Groupe. Un nouveau défi à sa hauteur ! Il a déjà le marathon de Paris à son actif et compte bien courir encore.

MON COUP DE COEUR > J’ai récemment entendu un patron de BU, membre du comex, expliquer à ses pairs l’intérêt d’un programme de transformation IT, car il avait compris son intérêt business. Un vrai moment de bascule et d’adhésion qui place l’IT au coeur du business.

MON MESSAGE > La transformation d’une organisation est avant tout une question de management. L’enjeu majeur est d’embarquer tout le monde dans le même bateau, notamment avec une démarche agile pour faciliter le passage à l’échelle. La mise en pratique de cette transformation arrive après. La technologie suit, mais n’est pas discriminante en soi.

MA VEILLE > Je suis différents canaux : beaucoup de presse, sites web et cabinets de consultants. Je crois aussi à l’échange d’expériences avec mes pairs. Avoir de vrais échanges est primordial, ce qui passe notamment par des clubs comme le club Ivy, le Cigref, Agora DSI…

MES INDICATEURS > Ils sont très variés. IT bien sûr, business, RH, ou encore associés au culturel, pour la diversité dans le recrutement par exemple. Une nouvelle famille va être formalisée pour suivre notre activité B to B.

SON PARCOURS
Depuis 2017 DSI, AccorHotels
2012-2017 DG, Voyages-SNCF Technologies
2007-2012 DSI, Transavia France
2004-2007 Chef de service informatique distribuée, TPS puis Canal+
2000-2004 Fondateur et directeur technique, Archimétrie
1998-2000 Journaliste, Groupe Tests

FORMATION
1993-1997 École d’ingénieurs, IPSA