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Maîtriser le cycle de vie du cloud

Par La rédaction, publié le 07 mars 2015

Alain Le Bras, Responsable Clients Infogérance cloud de HP France, Division Entreprise Services

Côté utilisateurs, le cloud  apporte de nombreux avantages : plus d’agilité, plus d’élasticité, une réduction des coûts et l’accès à une bibliothèque de services sur étagère quasiment sans limite.

Côté coulisses, assurer le fonctionnement du cloud au quotidien relève d’une machinerie complexe. Si les outils de virtualisation et d’automatisation simplifient la tâche des administrateurs, ces derniers doivent faire vivre cet environnement au fil des évolutions technologiques, matérielles et logicielles, en en limitant l’impact sur le client final.

Pour un fournisseur de services qui offre des prestations cloud à une multitude de clients, harmoniser les nécessaires mises à jour avec les contraintes business des clients peut tourner au casse-tête.

En premier lieu, malgré les espérances d’une disponibilité permanente, le cloud peut être victime de dysfonctionnements, voire d’arrêts de services. Ces pannes à répétition n’épargnent personne, pas même les leaders du cloud public. La complexité croissante des environnements logiciels et matériels force l’info-gérant de cloud à adopter une approche industrielle de la gestion du cycle de vie de l’environnement cloud qu’il met à disposition de ses clients. Le cloud est quelque chose de vivant, dont les composants évoluent au gré des constructeurs et des éditeurs, souvent à des fréquences différentes. Ainsi, après 2 ou 3 ans d’existence, les mises à jour de firmware, l’ajout de nouveaux composants et les montées de version de certains logiciels se révèlent indispensables.

La demande des clients d’une disponibilité sans faille oblige l’infogérant à mener une réflexion sur la façon de construire, de faire évoluer son infrastructure, de comprendre le degré d’adhérence et d’interopérabilité entre ces composants multiples. Un constructeur qui propose également des services de cloud sera mieux armé pour optimiser les opérations, grâce à la maîtrise de bout en bout des composants de la chaîne, et la facilité d’accès aux experts (jusqu’aux labs si besoin) et pour réagir rapidement en cas d’incident grave.

Avec le cloud, fini les processus longs, complexe et rigides. Les clients utilisent souvent le cloud pour déployer des applications critiques sur des environnements mutualisés avec d’autres clients. Si ces derniers acceptent in fine la nécessité de fenêtres de maintenance de leur environnement cloud, il revient à l’infogérant de fixer au mieux celles-ci en fonction des contraintes métiers. Un calendrier, établi suffisamment en amont, permettra de minimiser l’impact sur les environnements applicatifs des clients. Et en cas d’exception ou d’imprévu, l’infogérant sera en mesure de proposer la meilleure solution, ce qui est plus rare chez les grands acteurs du cloud public. À la manière d’un plan de reprise d’activité, l’utilisation d’infrastructures secondaires pour assurer la redondance pendant certaines opérations de maintenance est un moyen efficace de rendre ces interventions transparentes pour les utilisateurs.

Tout changement, si petit soit-il, comporte toujours un risque en raison de la complexité des environnements cloud. C’est pourquoi les processus de validation en environnement de préproduction doivent être industrialisés. Des tests de non-régression sont menés pour limiter les risques. Le passage en production peut poser des problèmes non visibles durant les tests, par exemple des dégradations de performance d’une application sur des pics de charge. Le fait de disposer des compétences et des processus d’escalade éprouvés permet de limiter l’impact négatif. Dans ces situations, l’infogérant met à disposition de ses clients les moyens nécessaires pour détecter ce qui a posé problème.

La relation avec les géants du cloud public peut parfois devenir délicate. À l’inverse, une relation de proximité entre le fournisseur et le client va aider à identifier la cause des dysfonctionnements. Lorsque l’infogérant est également constructeur, il fait profiter ses clients de ses innovations faites dans l’infrastructure.

Les cycles de maintenance dans le cloud, raccourcis à 2 ou 3 ans, nécessitent une grande maîtrise des technologies les plus récentes. La mise en œuvre de processus automatisés limite certes les risques d’erreur humaine, mais ne réduit pas la complexité.

Et relevons ici un paradoxe  : le professionnalisme de l’infogérant conduit normalement à réduire fortement le taux d’indisponibilité du cloud. Mais les quelques cas d’incidents restants sont souvent les plus complexes à résoudre. Et ils requièrent donc un niveau d’expertise toujours supérieur.  

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