D’après une étude menée en fin d’année dernière, les dirigeants préfèrent se fier à leur instinct plutôt qu’aux tableaux de bord pour prendre des décisions. Une situation paradoxale à l’heure où les entreprises engrangent toujours plus de données…

Alors que le marché évolue vers des solutions d’analyse orientées utilisateur toujours plus conviviales, force est de constater que trop peu d’entreprises savent encore pleinement exploiter le potentiel caché dans la multitude d’informations qu’elles stockent pourtant tous les jours et parfois même à grands frais. C’est en effet la conclusion que l’on peut tirer de l’étude de marché effectuée par le spécialiste du suivi et de l’analyse de données machines Splunk, en collaboration avec Censuswide.

Des décisions prises à l’instinct

Menée auprès de 150 dirigeants d’entreprise et 462 décideurs au Royaume-Uni, en France et en Allemagne, l’enquête révèle en effet que moins d’un dirigeant sur 100 appuie ses décisions sur la consultation de données.

De fait, près de la moitié (47%) se fie à l’instinct pour prendre des décisions critiques ! Un instinct qui n’exclut toutefois pas des facteurs externes puisque 52% tiennent compte des recommandations des collaborateurs et 51% des retours des clients. Ils sont également 43% à prendre des décisions sur la base d’expériences réussies en cherchant à les reproduire.

À noter que la France se distingue légèrement des chiffres globaux : le retour des clients arrive en premier (52%), devant les recommandations des collègues et du conseil d’administration (42%) et enfin l’instinct (40%).

Toujours d’après l’étude, ce processus de prise de décision qui exclut finalement la consultation de données s’explique principalement par la pression subie au quotidien par les dirigeants. La quasi-totalité d’entre eux (90%) sont amenés à prendre une décision dans la journée, parfois même en moins de deux heures (66%).
Face à un rythme aussi soutenu, ils n’auraient juste pas le temps de consulter des données. Certes. Mais du coup à quoi peuvent bien servir tous les beaux tableaux de bord et autres outils d’analyse que la DSI se donne autant de mal à construire ? Et pourquoi investir dans des datalakes et autres partenariats pour engranger toujours plus de données si finalement personne ne s’en sert ?

Et pourtant l’investissement n’est pas un frein

La situation est d’autant plus paradoxale que 92% des dirigeants interrogés sont d’accord pour reconnaitre que les données pourraient améliorer leur prise de décision. Typiquement, 33% estiment qu’elles pourraient notamment favoriser la « croissance de la clientèle ». Un chiffre qui atteint les 36% chez les dirigeants français devant la cybersécurité (32%) et la croissance financière (27%).

Dès lors, on est clairement en droit de se demander si les dirigeants ont bien les « bons » tableaux de bord avec les « bons » indicateurs. De la même façon, on peut se poser des questions sur la lisibilité et l’accessibilité des outils de restitution mis en place.

Avec une nouvelle génération de solutions de restitution baptisée data-Storytelling axée autour de « la narration des données » à travers des mises en scène beaucoup plus esthétiques et optimales des données, le temps est peut-être venu de dépoussiérer les tableaux de bord et autres tableau Excel.

Il n’y a même pas à hésiter si l’on se fie à l’étude de Splunk, le budget pour avoir de meilleurs logiciels ou de nouvelles sources de données n’étant apparemment pas un obstacle pour 92% des décideurs interrogés.

Reste que les habitudes ont généralement la vie dure et que l’homme a encore du mal à faire confiance à la machine, préférant se fier à son instinct et à son expérience. C’est pourquoi il est particulièrement important de responsabiliser les utilisateurs avant de lancer un projet pour non seulement les amener à indiquer de quelles données ils ont réellement besoin pour prendre des décisions mais également pour les impliquer dans la gestion d’un budget IT qui n’est pas extensible. Tant qu’à mettre en place de nouveaux outils, autant qu’ils servent !