Nous avions déjà des nuages au-dessus de nos infrastructures, voire des infrastructures dans des nuages. L’imaginatif jargon informatique, principalement enrichi de nos jours par les services marketing, imagine désormais de plonger nos infrastructures dans le brouillard…

Il y a eu le cloud computing, un terme tellement vague et inexpressif qu’il a fallu rapidement fallu le décliner en public, hybride ou privé ainsi qu’en une multitude de « as a Service » pour réellement décrire ce qu’il apportait.

Depuis quelque temps, le marketing des grands acteurs de l’IT nous vend de l’ « edge computing », parce qu’il aurait probablement été trop minimaliste de la qualifier d’informatique embarquée et bien trop « has been » de l’appeler « infrastructure locale ».

Mais comme le terme « edge » est déjà bien implanté et employé à toutes les sauces dès que l’on remet des composantes informatiques (serveurs, stockage, réseau) au plus proche de là où la donnée est générée, les services marketing des uns et des autres se sont déjà trouvés un nouveau « buzz word » : le fog computing !

Mais qu’est-ce donc ? Pour faire simple, il s’agit d’un mini-cloud intercalé entre les objets et le cloud (principalement le cloud public). On parle parfois d’une informatique géodistribuée : une infrastructure décentralisée dont les ressources et les applications sont stratégiquement placées aux emplacements où elles seront les plus efficaces.

Vous ne voyez pas bien la différence avec l’Edge Computing ? Normal ! Le concept de « Fog Computing » a été inspiré par CISCO (avec sa vision réseau) alors que celui de l’ « Edge Computing » proviendrait plutôt du marketing d’IBM (avec une vision plus applicative et serveur).

Bien qu’il n’existe aucune définition officielle de ces deux concepts similaires, on voit peu à peu se dessiner une subtile distinction entre les deux termes. Prenons un exemple simple : une ville décide de gérer de façon intelligente et dynamique ses feux rouges. Elle a des capteurs à chaque feu. Une intelligence pourrait être placée sur chaque feu ou plus intelligemment sur chaque boulevard pour adapter leur fonctionnement à la circulation. Là c’est de l’Edge Computing. Maintenant supposons que la ville veuille gérer de façon plus globale la situation en fonction de la météo, et de donner par exemple la priorité aux vélos puis aux bus en cas de pluie. Il faut une perception étendue du trafic de la ville avec notamment des capteurs de pluie permettant d’anticiper la situation tout en conservant la vision de tous les capteurs de trafic. Il faut donc une intelligence au niveau de la ville, ou plus exactement de chaque ville, et c’est du « Fog Computing ». Évidemment les flux de données de chaque ville finissent centralisés quelque part dans le « Cloud Computing »…
C’est simple non ? Bon okay, tout cela est un peu nébuleux… D’où probablement l’usage de ce vocabulaire d’inspiration météorologique…

Reste la question… Après les nuages et le brouillard, que vont-ils pouvoir nous inventer pour qualifier nos futures infrastructures informatiques ? Storm Computing pour une informatique déchaînée ? Rain Computing pour une infrastructure dégoulinante ? Avouez-le, ça vous fait déjà rêver !

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