A moins de 130 jours de l’ouverture de l’Espace unique des paiements en euros (Sepa), les entreprises françaises affichent un retard inquiétant. Ministre et patronat appellent à la mobilisation générale.

Le Parisien ravive les grandes peurs de l’an 2000 et du passage à l’Euro. En titrant « Menace d’un bug informatique en février 2014 » dans son édition du 23 septembre le quotidien rappelle que toutes les transactions financières – versement des salaires, prélèvements… – pourraient être bloquées si, d’ici là, les entreprises ne se mettent pas aux normes européennes.

Au 1er février, la France doit basculer dans Sepa, l’Espace unique des paiements en euros. Un projet européen qui s’inscrit dans le prolongement du passage aux pièces et billets en euros. Il s’agit cette fois d’uniformiser les moyens de paiement en euros. Le RIB sera remplacé par l’Iban (numéro de compte bancaire international) plus un BIC (code d’identification d’entreprise) pour les professionnels.

Un chantier règlement réglementaire à forte composante informatique comme le furent Bâle 2 ou le passage aux normes comptables IFRS. Les entreprises doivent adapter leurs formats d’échanges avec les établissements bancaires (passage de CFONB à XML) et vérifier auprès de leur éditeur de logiciel la comptabilité de leur solution comptable.

En avril, 86 % des PME n’étaient pas prêtes à migrer

En dépit de l’imminence de l’échéance, les entreprises ont pris un retard pour le moins inquiétant. Selon le site public Sepa France, moins de 50 % des virements réalisés fin août étaient aux normes Sepa. Les prélèvements – le point le plus épineux – plafonnaient à… 3,179 %. Le retard concerne les plus petites sociétés. Une étude du cabinet BDO, parue, en avril dernier, indiquait que 86% des PME françaises n’étaient pas prêtes à migrer. Et toutes n’étaient pas au courant !

Lundi 23 septembre, Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances, et Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, ont appelé à la mobilisation générale « pour le succès de la migration ». A cet effet, le Gouvernement a mis en ligne un guide pratique. Une semaine plus tôt, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) s’était fendue d’un communiqué bref mais solennel. « Il est indispensable que les entreprises entament leur migration vers ces nouveaux instruments de paiement au plus tôt afin de ne pas louper cette échéance et mettre éventuellement leur activité en danger. » Rien que ça. De son côté, le syndicat Cinov organise ce 26 septembre un petit-déjeuner de sensibilisation.