Cloud
Une panne Google Cloud endort nombre de services bancaires européens…
Par Laurent Delattre, publié le 20 octobre 2026
Depuis 8H00 ce matin, heure de Paris, la région londonnienne de Google Cloud répond absente. Un incident qui semble particulièrement toucher le secteur bancaire puisque HSBC, Lloyds, Revolut et Royal Mail dont les sites et services sont partiellement ou totalement indisponibles. A midi, les ingénieurs de Google Cloud tentaient toujours de remédier à la situation sans donner plus de détails.
Mise à jour du 20/10/2026 à 15:20
Google Cloud vient de confirmer l’origine de la panne. L’hyperscaler s’attend à un redémarrage progressif des services d’ici 14H00, heure de Paris.
Sa page de « Status » précise depuis quelques minutes : « Une perturbation de l’alimentation électrique a provoqué une panne dans la zone europe-west2-b. Le problème électrique à l’origine de l’incident est désormais résolu. Un rétablissement progressif des services d’infrastructure devrait être observé dans les 30 prochaines minutes. Les autres services seront rétablis dans un second temps. »
La liste des services indisponibles est interminable : AlloyDB for PostgreSQL, Apigee, BigQuery Data Transfer Service, Cloud Data Fusion, Cloud Filestore, Cloud Firestore, Cloud Load Balancing, Cloud Memorystore, Cloud NAT, Cloud Run, Cloud Spanner, Cloud Workstations, Datastream, Google App Engine, Google BigQuery, Google Cloud Bigtable, Google Cloud Dataflow, Google Cloud Dataproc, Google Cloud NetApp Volumes, Google Cloud Pub/Sub, Google Cloud SQL, Google Cloud Storage, Google Compute Engine, Google Kubernetes Engine, Looker (Google Cloud core), Managed Airflow, Managed Service for Apache Kafka, Memorystore for Memcached, Memorystore for Redis, Memorystore for Redis Cluster, Memorystore for Valkey, Network Connectivity Center, Persistent Disk, Private Service Connect, Speech-to-Text, Storage Transfer Service, VMWare engine, Virtual Private Cloud (VPC).
C’est en réalité toute la région « europe-west2 » de Google Cloud, hébergée sur un datacenter Londonien qui connaît de lourds dysfonctionnements. Et pour l’instant l’hyperscaler est pour le moins avare en détails. Un simple message laconique sur la page de « Status » de GCP indique : « Nous rencontrons un incident affectant plusieurs services dans la région europe-west2 depuis le mardi 20 octobre 2026 à 8 h 08 (heure de Paris). Nos équipes d’ingénierie poursuivent leurs investigations afin d’identifier l’origine du problème. Nous communiquerons un nouveau point de situation au plus tard le mardi 20 octobre 2026 à 13 h 00 (heure de Paris), avec les dernières informations disponibles. Nous présentons nos excuses à toutes les personnes affectées par cette perturbation. »
Des clients prestigieux paralysés
Or il y a panique à bord. Car de nombreuses banques semblent particulièrement affectées par cette panne. Les victimes collatérales se nomment Lloyds, Bank of Scotland, Halifax, HSBC, Revolut, mais aussi Royal Mail, DPD, BT, Rightmove, Equifax ou encore Vinted.
Chez Revolut, qui revendique plus de 80 millions de clients dont 13 millions au Royaume-Uni, la plupart des services, paiements par carte et retraits compris, sont indisponibles ou dégradés. La néobanque assure que l’argent et les données de ses clients sont en sécurité. Lloyds évoque pour sa part des lenteurs et des difficultés « similaires chez d’autres organisations », sans jamais prononcer le nom de Google.
La résilience ne se sous-traite pas
Google conseille officiellement à ses clients de migrer, « si c’est faisable », les workloads touchés vers une autre zone ou une autre région. Une recommandation d’une redoutable évidence (et d’une utilité toute relative au beau milieu de l’incident) qui frôle l’humour bristish. Car, bien sûr, une bascule ne s’improvise pas, et certainement encore moins sous la pression : elle se conçoit, se réplique et se teste bien en amont.
Ironie du calendrier, la panne de Google Cloud célèbre jour pour jour l’anniversaire d’une autre panne mémorable, celle d’AWS le 20 octobre 2025 qui avait déjà privé Lloyds, Halifax et Bank of Scotland de leurs services en ligne. Autre hyperscaler, même scénario dramatique donc.
Côté européen, Google Cloud, AWS et Microsoft Azure figurent depuis novembre 2025 parmi les 19 prestataires tiers critiques placés sous la supervision directe des autorités européennes au titre de DORA.
Mais cette tutelle ne transfère aucune responsabilité : cartographier ses dépendances, architecturer en multizone ou en multirégion et éprouver ses plans de bascule restent l’affaire des établissements et de leurs DSI. Et preuve est une nouvelle fois donnée qu’organiser une telle résilience de services Cloud n’est jamais simple et que la haute disponibilité des hyperscalers reste davantage une promesse couchée sur le papier qu’une réalité d’architecture aisément implémentable.
Nous mettrons à jour cet article en fonction de l’évolution de la situation…
Photo : JHVEPhoto / Shutterstock.com
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