Une semaine après vCloud Suite de VMware, Microsoft lance son système Windows Server 2012 avec le même objectif : simplifier la transformation du centre de données en cloud.

Windows Server 2012, la dernière version serveur de Windows, est officiellement lancée. Deux éditions entreprise, une pour exécuter des machines virtuelles et l’autre pour faire fonctionner un serveur, sont disponibles depuis le 4 septembre. Deux autres suites, destinées aux PME, arriveront d’ici à la fin de l’année. Estampillé « CloudOS » par Microsoft, Windows Server 2012 répond aux mêmes besoins que la vCloud Suite lancée la semaine dernière par VMware. Les deux produits servent à transformer plus facilement une salle informatique en un ensemble de ressources (puissance de calcul, réseau et stockage) dans lesquels il n’y a qu’à puiser pour construire des centres de données virtuels. Des clouds IaaS privés, en somme.

Libérer l’administrateur des détails physiques

Auparavant, il y avait plusieurs serveurs physiques, plusieurs baies de stockage, plusieurs commutateurs de câbles réseau. Et, dans chacun, il fallait installer, configurer, administrer des machines virtuelles, en prenant garde que tel domaine de serveurs virtuels corresponde bien à telle plage d’adresses IP physiques. Aujourd’hui, on ne s’occupe plus de savoir qui va fonctionner dans quoi et où. Le système fait au mieux.

Chez VMware, vCloud Suite ne tient plus compte des adresses IP physiques ; un réseau privé fera éventuellement le grand écart entre deux salles informatiques pour utiliser le plus de puissance disponible, sans qu’il soit besoin de mettre en œuvre des dispositifs de passerelles, dont le VPN.

Chez Microsoft, les machines virtuelles Windows Server 2012 se répartissent toutes seules les ressources de stockage. Plus besoin de redécouper à la main chaque baie de disques.

Des clouds interopérables… avec eux-mêmes

L’autre grande nouveauté de Windows Server 2012 et de vCloud Suite concerne la simplification des clouds hybrides : une surcharge de travail dans un cloud privé débordera enfin automatiquement vers les ressources disponibles d’un cloud public. Du moins… pour peu que le cloud public chez lequel on s’abonne dispose du même système de virtualisation que celui du cloud privé. Car, si les deux éditeurs prônent l’interopérabilité entre les clouds, il ne s’agit que d’interopérabilité avec eux-mêmes. Un centre de données virtuel bâti sur Windows Server 2012 n’ira pas s’exécuter sur l’infrastructure VMware d’un hébergeur. Il faudra le refaire à la main.

VMware et Microsoft assurent qu’ils obéiront à l’avenir au standard Open Source Openstack, sorte de format de cloud universel. Mais, plus le temps passe, plus il apparaît que le projet Openstack ne servira que de raccourci technique pour faire gagner quelques années de R&D aux différents fournisseurs. Au final, au-delà de la technique, plus personne ne certifiera ses machines virtuelles lorsqu’elles seront déplacées sur l’architecture cloud d’un concurrent.

Parmi la centaine d’améliorations que comprend Windows Server 2012, la console d’administration adopte la charte de l’interface Metro, celle de Windows 8. Les interminables arborescences de paramètres cèdent la place à des assistants et des panneaux plus simples, plus complets. Par exemple, on visualise – et on manipule – le script Powershell que génèrent les clics dans la console graphique, ainsi que le fichier XML de configuration d’une VM. On affecte des rôles à des serveurs, pour qu’ils se déploient automatiquement avec tous les logiciels nécessaires à leur tâche. De même, on déploie en quelques clics une batterie de postes de travail virtuels, chacun personnalisé pour son utilisateur.

Chaque service connaît lui-même des évolutions. Parmi les fonctions les plus saillantes, le serveur web IIS regroupe tous les certificats dans un magasin central, ce qui évite de devoir assigner une adresse IP fixe à un site web protégé. Le serveur de fichiers SMB reconnaît le contenu sensible des documents et empêche un fichier qui contient un numéro de carte bleue de sortir du répertoire d’un utilisateur. Le serveur réseau DHCP configure d’emblée les fonctions réseau de chaque machine.

La dernière différence entre Windows Server 2012 et vCloud Suite de VMware est d’ordre tarifaire. Le premier coûte cinq fois moins cher. Mais VMWare se veut plus simple à utiliser…