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Mustapha Nhari (Asus) : « Notre ambition est de créer plus de valeur pour nos partenaires »
Par Vincent Verhaeghe, publié le 05 février 2026
Depuis plus de 20 ans, Asus s’appuie sur son réseau de revendeurs pour se développer en France. Aujourd’hui, la marque, qui est le seul grand faiseur de PC présent en propre sur IT Partners, propose des programmes partenaires repensés, des services premium et des produits innovants, afin d’accompagner les revendeurs dans la création de valeur, le développement de leur business et la fidélisation de leurs clients, tout en tirant parti des nouvelles opportunités du marché.
Entretien avec Mustapha Nhari, directeur général d’Asus France.
Vous êtes chez Asus depuis 22 ans et vous avez accompagné toute la construction de la filiale française. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ce parcours et sur la place des revendeurs dans cette histoire ?
Quand je suis arrivé chez Asus France, nous étions moins de dix personnes. On partait vraiment d’une feuille blanche. Si je devais résumer ces 22 années, je dirais que tout s’est construit grâce aux revendeurs. Ce sont eux qui nous ont tendu la main au début, qui nous ont fait confiance quand Asus n’était pas encore la marque qu’elle est aujourd’hui.
Je n’ai jamais oublié cette période, et c’est quelque chose que je rappelle souvent en interne : sans le réseau de proximité, Asus ne serait jamais devenu leader du marché consumer en France depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, nous sommes 130 collaborateurs, mais l’ADN reste le même : proximité, respect du channel et vision long terme.
Le contexte de marché est pourtant tendu, entre inflation, hausse des composants et incertitudes économiques. Comment analysez-vous la situation actuelle ?
Le marché est clairement compliqué, personne ne le nie. Les prix de la mémoire vont augmenter, c’est un phénomène mondial, et tous les acteurs seront concernés. Mais, très sincèrement, je préfère voir cela comme une opportunité plutôt qu’une contrainte. Nous sortons d’un cycle Covid, Windows 10 arrive en fin de vie, et le parc installé est vieillissant. Cela crée mécaniquement un nouveau cycle de renouvellement. La clé, pour les revendeurs, c’est de ne pas rester uniquement sur une logique de prix, mais de se positionner sur la valeur, le service et le conseil.
J’étais à Taïwan fin 2025, et je peux rassurer nos partenaires : nous faisons tout pour sécuriser les approvisionnements de la France. Anticiper, structurer les demandes, bien positionner les offres, c’est essentiel. Et quand un revendeur sait expliquer pourquoi un produit Asus est plus durable, mieux équipé et mieux accompagné en termes de service, la discussion avec le client final change complètement.
Justement, cette notion de valeur ajoutée revient souvent dans votre discours. Comment se matérialise-t-elle concrètement pour les revendeurs ?
Elle passe d’abord par le produit. Asus, ce sont 15 500 collaborateurs dans le monde, dont 5 000 ingénieurs en R&D. Nous développons nos produits en interne, avec un vrai positionnement premium. Je le dis souvent avec un sourire : « on n’est pas Dacia ». Cela se traduit par des machines robustes, une durabilité militaire, une connectique complète, des innovations différenciantes comme le ZenBook Duo et son double écran, et des logiciels d’autodiagnostic que l’on ne voit pas toujours au premier regard.
Mais la valeur ajoutée ne s’arrête pas au produit. Elle est aussi dans le service. Notre service client est entièrement internalisé, avec une vingtaine de personnes dédiées, et un suivi NPS très précis. Les réparations sont réalisées en trois à cinq jours maximum. Pour le revendeur, c’est un argument fort : il sait qu’il peut s’appuyer sur une marque réactive, fiable, et capable de tenir ses engagements.
La réparabilité et la seconde vie des produits sont également au cœur de votre stratégie.
Absolument. Aujourd’hui, nous avons entre 5 et 6 millions de machines Asus connectées en France. C’est un parc énorme, et il représente un potentiel considérable. Nous avons anticipé la question de la réparabilité bien avant les obligations réglementaires, avec des indices proches de 9, et parfois au-delà. Les pièces détachées sont stockées localement et livrées en trois jours. Cela permet aux revendeurs de réparer, d’upgrader les machines, et même d’imaginer une seconde vie pour les produits, que ce soit au sein d’une famille, d’une association ou dans un cadre professionnel.
Le reconditionnement reste un sujet complexe économiquement, mais la réparabilité, elle, est déjà une réalité. Nous travaillons également sur des pistes de reprise des machines. L’objectif est clair : créer de nouvelles opportunités de chiffre d’affaires pour les revendeurs, tout en allant dans le sens d’une démarche durable et responsable.

« Aujourd’hui, nous avons entre 5 et 6 millions de machines Asus connectées en France. C’est un parc énorme, et il représente un potentiel considérable.«
Comment cette vision se retrouve-t-elle dans vos programmes partenaires ?
Nous avons voulu revenir à quelque chose de simple et de sain. Nous voulons des partenaires, pas des pousseurs de cartons. Le programme Asus Gold Partner propose des avantages concrets : remises quantitatives, livraison sans minimum, expédition le jour même pour toute commande passée avant 14 h, retours sous 30 jours, et visibilité au sein du réseau des revendeurs certifiés.
Nous avons également lancé le programme Asus Service Premium Partner, qui reflète notre vision du commerce de demain. L’idée est de redonner de la force au réseau de proximité, de générer du trafic en boutique et de s’appuyer sur des revendeurs capables d’intervenir techniquement. Les partenaires certifiés peuvent réparer, upgrader les machines sans perte de garantie et offrir une véritable expérience client. Ce sont ces revendeurs-là que nous voulons accompagner en priorité.
La frontière entre B2C et B2B est parfois floue sur le terrain. Comment Asus gère cette double approche ?
Sur le terrain, cette frontière n’existe presque plus. Un revendeur peut vendre à un particulier, puis répondre à un besoin pour une école, une mairie ou un commerce local. La différence, c’est l’approche. En B2B, on répond à un projet. En B2C, on crée la demande. Asus sait faire les deux. Nous avons des équipes dédiées pour accompagner les revendeurs sur la partie B2B, tout en continuant à investir fortement en marketing pour générer de la demande côté consumer. L’enjeu, aujourd’hui, est de favoriser le repeat business et de réactiver les revendeurs qui n’ont pas commandé depuis un certain temps.
En conclusion, que diriez-vous aux revendeurs qui s’interrogent encore sur l’intérêt de travailler avec Asus ?
Je leur dirais que travailler avec Asus, ce n’est pas simplement référencer une marque de plus. C’est d’abord s’appuyer sur un partenaire solide, engagé et présent sur le long terme. Nous croyons profondément au commerce de proximité, au service et à la relation humaine. Si un revendeur a envie de proposer plus que de la vente, de créer de la valeur et de fidéliser ses clients, alors Asus est une marque qui peut réellement l’aider à développer son business, aujourd’hui comme demain.
Propos recueillis par VINCENT VERHAEGHE
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