Google lance la seconde génération de ses Google Glass Entreprise Edition, des lunettes de réalité augmentée pensées pour différents scénarios métiers mêlant informations contextualisées, formation et communication vidéo.

Dans bien des scénarios d’entreprise, le besoin de fusionner des données informatiques au-dessus de l’environnement réel ne nécessite pas nécessairement le niveau d’immersion des Hololens 2 de Microsoft et de leur réalité mixte.
La basique réalité augmentée a des applications simples et concrètes dans de multiples domaines :  industriel, médical, sportif, transports, etc.
Un moyen pratique et économique de la concrétiser consiste à développer des apps sur smartphones en profitant des capteurs de mouvements et des capteurs photo embarqués. Un développement facilité par la présence de kits SDK comme ARKit (sur iOS), ARCore (sur Android) ou encore l’initiative OpenXR. L’inconvénient d’une telle approche est qu’elle ne libère pas les mains des collaborateurs qui doivent porter le smartphone plutôt que de s’activer sur leur tâche Métier.
Les lunettes de réalité augmentée permettent de projeter des informations et graphiques contextualisés dans le champ visuel tout en gardant les mains de l’utilisateur libres d’agir sur l’environnement physique. Très tôt Google a perçu le potentiel de telles lunettes. Et si, au départ, l’éditeur avait imaginé commercialiser des Google Glass dans le grand public, il a rapidement pris conscience qu’il s’agissait plutôt là d’un produit professionnel destiné à servir des scénarios « métier », la réalité augmentée dans le grand public pouvant se satisfaire des smartphones.

Une édition 2 améliorée

Cette semaine, Google a introduit la deuxième génération de ses lunettes de réalité augmentée. Les Google Glass Enterprise Edition 2 embarquent leur propre processeur, mémoire et batterie, elles sont donc totalement autonomes. Les lunettes sont animées par Android Oreo et profitent ainsi des applications de communication et de réalité augmentée (telle que Google Lens) disponibles sur cet OS. Elles bénéficient surtout d’un environnement de développement riche et mature s’appuyant sur les API d’ARCore.
Le processeur intégré est un SnapDragon XR1 de Qualcomm, un CPU ARM (l’édition 1 utilisait un processeur Intel Atom) spécialisé pour l’AR et la VR incorporant un NPU (Neural Processing Unit) pour accélérer les applications IA. Les Google Glass 2 embarquent également 32 Go de RAM, une connectivité Bluetooth 5, un gyroscope 6 axes, et une caméra 8MP. L’unique module afficheur optique (associé à l’œil droit) reste identique à l’édition précédente avec une résolution limitée à 640×360 pixels. Les Google Glass 2 pèsent 46g et résistent à la poussière et aux projections d’eau. Les interactions se font par la voix ou via le mini touchpad incorporé dans la monture.

Une concurrence multiple

Les Google Glass 2 n’ont pas la prétention de concurrencer les lunettes holographiques plus immersives et sophistiquées que sont les casques Hololens de Microsoft, le Magic Leap One ou le Meta 2. Avec son casque de réalité mixte Hololens 2, Microsoft va bien au-delà de la réalité augmentée et réinvente l’idée d’un ordinateur embarqué mis au profit de situations nécessitant une forte immersion. Avec Hololens 2, l’éditeur impose peu à peu dans les entreprises les concepts du Spatial Computing en mélangeant réalité virtuelle et réalité physique par le truchement d’hologrammes et d’interactions avancées (grâce à des capteurs qui analysent le mouvement de vos mains et de vos doigts). Mais un tel casque se révèle évidemment bien plus onéreux.

Les Google Glass 2 jouent dans la catégorie inférieure, celles des pures lunettes « AR » (Augmented Reality). Une catégorie qui voit s’affronter de nombreux acteurs historiques des entreprises dans ce domaine. La concurrence est, en effet, nombreuse : Vuzix Blade AR et M300XL, North Focals, la gamme Moverio d’Epson, Ora-2 d’Optinvent, DynaEdge de Toshiba, HMT-1 de RealWear.