Lors de sa conférence « Made By Google 2019 », Google a annoncé de nouveaux smartphones, un nouveau Chromebook et de nouveaux objets connectés. Voici ce qu’il faut en retenir.

Les conférences « Made by Google » sont très orientées « consumers » autrement dit grand public. Mais elles permettent de comprendre les directions générales suivies par le géant américain de l’internet et contiennent des informations qui peuvent inspirer ou enrichir la réflexion des DSI. Parmi toutes les annonces et déclarations, nous n’avons ici retenu que celles qui peuvent avoir un impact sur les entreprises.

Nous ne nous étendrons donc pas sur l’annonce de la date officielle de lancement du service de jeux en streaming Stadia le 19 novembre (la veille de la conférence, Microsoft a d’ailleurs lancé la phase bêta de son propre service xCloud concurrent) même si celle-ci n’est pas sans intérêt pour les DSI comme nous l’avons expliqué dans un précédent article.
Inutile aussi de s’étendre sur les Pixel Buds, des intra-auriculaires 100% sans fil destinés à concurrencer les Apple Airpods mais aussi les Amazon Echo Buds ou encore les très tactiles et « powerpointisés » Microsoft Surface Earbuds.

Deux nouveaux smartphones

Google a annoncé ses Pixel 4 et Pixel 4 XL, des smartphones Android qui peuvent intéresser les entreprises non seulement par leurs spécifications techniques avancées mais également par leur respect total du système Android 10 et de ses fonctionnalités de management à distance.
Ces nouveaux téléphones incorporent un triple capteur (infrarouge + projection de points + ) « Face Unlock » de reconnaissance faciale pour s’identifier simplement et de façon sûre. Le système est associé à une nouvelle puce « Titan M » conçue par Google pour sécuriser les données les plus sensibles du smartphone.
Autre nouveauté importante, ces Pixel 4 sont équipés d’un capteur Motion Sense pour piloter le smartphone par des gestes sans contact direct avec l’écran. Étrangement, cette fonctionnalité a probablement plus d’utilité en entreprise que dans les scénarios de la vie quotidienne. Elle permet par exemple de créer des applications métiers mobiles pour des collaborateurs qui ont besoin de garder leurs deux mains en activité ou de porter des gants de protection (souvent incompatibles avec les écrans tactiles).
Pour ce qui est des autres fonctionnalités, on retiendra la présence d’un écran 90Hz, d’un NPU (Pixel Neural Core) pour accélérer les inférences, de deux capteurs photos à l’arrière (pas de grand angle mais un Zoom optique x2 stabilisé) associés à des fonctions de traitement d’images très avancées ainsi que l’utilisation d’un processeur Qualcomm Snapdragon 855 avec 6 Go de RAM et 64 Go de stockage.
Enfin, on rappellera que Google certifie le support de mises à jour de sécurité durant 3 ans sur ses propres smartphones, un élément important aux yeux des RSSI.
Reste à savoir si ces nouveaux Pixels ne rencontreront pas les déboires de conception et de production qui ont entaché chacune des précédentes générations.

Un nouveau Chromebook

Depuis un an, Google a lancé une grande offensive pour convertir les entreprises aux Chromebooks notamment en s’assurant que des partenaires comme Dell, HP, Lenovo, Asus et Acer proposent effectivement des offres adaptées aux entreprises et non uniquement au marché de l’éducation. En l’absence de chiffres officiels, difficile de savoir si cette offensive a ou non porté ses fruits. Toutefois, dans son rapport d’octobre 2019 sur les ventes US de PC, Gartner note que « bien que les ventes mondiales de Chromebooks soient en hausse au troisième trimestre 2019, nos études préliminaires montrent que le marché américain des Chromebooks a connu un léger repli sur ce trimestre, une première depuis l’introduction de ces appareils en 2011 ! »
Quoi qu’il en soit, Google ne lâche pas sa gamme de petites machines pensées pour le cloud. Toutefois son nouveau Pixelbook Go semble une fois encore davantage pensé pour le marché de l’éducation que pour celui de l’entreprise. L’appareil est un chromebook 13 pouces des plus classiques animé par des Intel Core m3, i5, ou i7. Google semble vouloir toujours laisser ces partenaires se casser les dents sur un éventuel marché « entreprise » de ces machines minimalistes.

Un Google Assistant moins intrusif

Enrichi par des années d’apprentissage dans le cloud et boosté par la présence d’un NPU embarqué sur les Pixel 4, Google Assistant se voit enrichi d’un « Next Gen » qui traduit une volonté de faire tourner l’IA qui l’anime beaucoup plus localement qu’auparavant. Autrement dit, la reconnaissance de la parole se ferait désormais essentiellement en local sur le Device sans passer par le cloud d’où une intimité mieux respectée et des temps de réponse plus rapides. Cet assistant « next-gen » est aussi plus intégré à Android 10 afin de mieux piloter le smartphone par la voix. Selon Google, un certain nombre d’actions et de tâches n’ont plus besoin de passer par une interrogation Cloud, celle-ci n’intervenant que pour des requêtes nécessitant une connaissance non intégrée à l’appareil.
En fait, Google inaugure là une tendance qui devrait se généraliser. Les polémiques de ces derniers mois sur les écoutes des requêtes vocales ont semé le trouble chez les utilisateurs comme chez les entreprises. Depuis plusieurs années, des startups comme Snips prônent l’usage d’une reconnaissance vocale locale et d’assistants moins intrusifs. Il y a fort à parier que tous les assistants suivront désormais cette tendance. C’est un peu une condition sinéquanone pour qu’ils s’imposent en entreprise.

Pour terminer, on retiendra également le lancement d’un nouveau routeur Wi-Fi (Google Nest Wifi Router) qui peut être accompagner de boîtier Beacons pour créer un réseau Wi-Fi Mesh couvrant une vaste surface. Là encore la vocation de cet équipement est essentiellement grand public mais il peut aussi intéresser les TPE et petites PME pour peu qu’elles ne soient pas trop regardantes sur la quantité d’informations que Google récupère probablement au passage (à la manière des Chromecasts). On s’étonnera d’ailleurs que Google se soit limité à du WiFi AC1200 alors que la concurrence se lance sur des réseaux Mesh en WiFi 6.