Les grandes organisations informatiques n’ont pas immédiatement réagi aux annonces d’Emmanuel Macron et de son gouvernement faites la semaine dernière autour du Plan Cybersécurité. C’est désormais chose faite…

Le Syntec Numérique « salue l’ambition d’un plan dont l’objectif est de permettre à la filière cybersécurité d’atteindre un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros, le doublement des emplois dans le secteur (pour arriver à 75 000 experts) et l’émergence de trois licornes françaises en cybersécurité d’ici à 2025 ». Il annonce qu’il participera pleinement aux actions présentées avec la mobilisation de son Comité Cybersécurité.
Syntec Numérique et ses adhérents suivront tout particulièrement l’Appel à projets (AAP) visant à soutenir le développement de briques technologiques critiques (2021/2022). Il s’agira de consacrer un total de 400 M€, dont 200 M€ de financements publics, pour des projets de recherche et développement cofinancés avec les acteurs privés de la cybersécurité.
Engagé notamment comme membre fondateur de Cybermalveillance.gouv.fr, le syndicat se réjouit également de la mise en place d’un « observatoire des métiers et des qualifications de la sécurité du numérique » et tient à sa disposition ses données sur ce sujet.

De son côté, Hexatrust, le groupement des solutions françaises de cybersécurité et du Cloud de confiance, chargé du projet cybersécurité et sécurité de l’IoT au sein du Comité Stratégique de Filière « Industrie de Sécurité », salue également un plan que le groupement qualifie d’ambitieux. « Il montre que la France a pris la mesure de l’enjeu et qu’elle considère la protection de ses citoyens de ses entreprises et de ses infrastructures comme une priorité majeure » explique Hexatrust dans un communiqué. Faisant notamment référence aux débats autour du Hub Santé hébergé chez Azure, il espère que le programme de soutien annoncé à l’égard des collectivités et des acteurs de la santé se concrétisera par l’adoption en priorité de solutions françaises et européennes. Il lance ainsi l’avertissement : « Chaque euro investi dans ce plan, doit être investi dans nos sociétés de croissance. Cela peut nécessiter quelques compromis provisoires en termes de fonctionnalités ou un léger effort sur les prix. Il faut l’accepter. C’est le coût de notre sécurité et de notre indépendance. En cybersécurité comme en matière sanitaire, la dépendance à l’étranger est dangereuse et ne révèle souvent ses effets que trop tard. ».
Hexatrust affirme que « L’industrie se mobilisera enfin pour contribuer à l’indispensable effort de formation nécessaire pour pouvoir doubler les effectifs d’ici 2025. Nous comptons en particulier mettre l’accent sur la formation des personnels d’exploitation qui font cruellement défaut…. Nous proposons également de fournir aux organismes de formation les moyens de former leurs élèves sur les solutions nationales et européennes au lieu des solutions étrangères ».

Enfin, rappelons que dans une interview accordée à IT for Business et InformatiqueNews, le Clusif par la voix de son président Jean-Marc Gremy, se félicite lui aussi de ce plan français qu’il juge « salutaire » et qui « va donner un coup de boost à cette filière cybersécurité qui a besoin d’être soutenue… ». Pour lui le plan doit « conduire à un soutien à la recherche et au développement ainsi qu’à l’amélioration des cursus et filières cybersécurité parce que l’on a besoin de beaucoup de profils différents ». Il rappelle que « le privé doit aussi ouvrir son portefeuille ». Il salue une volonté marquée « d’augmenter la culture de la cybersécurité en France ». « Il faut acculturer les Français à la cybersécurité » ajoute-t’il, précisant que « on peut tous devenir le maillon fort de la cybersécurité ».

Pourtant toujours prompt à interpeler le gouvernement sur les sujets de sécurité et de souveraineté, le Cigref en revanche ne s’est pas encore publiquement exprimé sur ce plan français de plus d’un milliard d’euros.