Les défis des DSI en 2024

Gouvernance

Ces 6 grands défis à l’agenda 2024 des DSI

Par Laurent Delattre, publié le 08 janvier 2024

Amis DSI, bienvenue en 2024, une année qui s’annonce truffée d’obstacles : maîtrise de l’IA générative, défis de cybersécurité, contraintes budgétaires, quête d’un numérique plus sobre, le tout dans un contexte international tendu.

Nouvelle année, nouveaux défis ? Pas nécessairement. Depuis les années COVID, les DSI ont appris à s’adapter à un monde devenu imprévisible. Néanmoins, que l’on regarde du côté des budgets IT, des risques cyber, du travail hybride, des réglementations, de la responsabilité écologique du numérique ou des tensions internationales, rien ne s’annonce plus rose en 2024 qu’en 2023. Sans compter les impacts majeurs et croissants de l’IA – notamment générative – sur les processus, les expériences clients/collaborateurs et le quotidien des employés.

L’agenda 2024 des DSI n’est pas forcément très différent de celui de 2023… Mais il est certainement plus tendu et souvent budgétairement plus contraint.

Voici les 6 grands défis de DSI en 2024, identifiés par les différents cabinets d’étude et la rédaction d’IT for Business.

Contrôler les usages de l’IA générative

L’IA générative est entrée dans l’entreprise par les graphistes, les développeurs, les cols blancs, les équipes marketing parfois sans aucun contrôle de la DSI et surtout sans formation et sans lignes directrices. Et parfois sans aucune efficacité ou réelle valeur ajoutée pour l’entreprise.
Avec les contraintes imposées par l’arrivée des premières réglementations européennes et internationales, avec les résultats très attendus de procès en cours pour vol de propriétés intellectuelles et non-respect des IA, avec une recherche d’optimisation des coûts des IA, l’ère de la Shadow IA touche en partie à sa fin. Les DSI vont forcément devoir suivre de près les débats, les conséquences juridiques et les règlements. Mais ils vont surtout devoir donner de la vision et un ordre de marche pour s’assurer de la valeur des IA, du respect des règlements et des données privées ou confidentielles, du bien-fondé des dépenses IA. Le challenge se résume en réalité en une question : « comment satisfaire la demande des métiers pour l’IA sans introduire de nouveaux risques ? ».

Maîtriser des SLMs en interne

Ils s’appellent Mistral7B, Microsoft Phi-2, Llama 3… Et ce sont des SLMs… Small Language Models. Rares sont les acteurs et organisations qui peuvent s’offrir la construction et l’apprentissage des fameux LLMs qui ont animé toute l’année 2023.
Les entreprises vont en 2024 découvrir les petits modèles plus focalisés – sur une langue ou un domaine d’expertise – qui leur permettront de déployer des IA en interne finalement bien moins coûteuses qu’un 365 Copilot ou un Duet AI et qui garantissent une totale conservation en interne des données et des échanges avec l’IA. Avec un défi supplémentaire à ne pas perdre de vue : inscrire l’intégration de ces IA dans les efforts “numérique responsable” qui doivent bien évidemment se poursuivre en 2024…

Moderniser les approches de développement

C’est déjà une évidence pour bien des DSI. L’IA générative (Github Copilot, ChatGPT, CodeWhisperer, TabNine, etc.) métamorphose totalement le développement. Et ce n’est qu’un début. Pour l’instant relativement indépendante, elle va devenir plus centrale dans les outils Low-Code et No-Code.
Cette transformation du travail et au final du rôle du développeur doit être anticipée et prise en compte. Le « développeur » à l’avenir sera bien moins un « codeur » et bien plus un « créateur d’applications ». Ce qui veut aussi dire qu’un créateur d’applications n’aura plus nécessairement besoin de savoir coder mais d’exprimer ses besoins en langage naturel à des IA.
C’est d’autant plus important que parallèlement, les collaborateurs deviennent encore plus exigeants sur les expériences utilisateurs des applications métiers qu’on leur met entre les mains.


À LIRE AUSSI :


S’inquiéter des tensions internationales

Des élections américaines sous tension … Des relations US-Chine qui ne cessent  s’aggraver … Des situations explosives au Moyen-Orient. Tout contribue à complexifier les chaînes d’approvisionnement et à rendre imprévisibles les délais de livraison, ce qui pourrait avoir  un impact sur le rééquipement, l’accès aux cartes GPU accélératrices d’IA, aux nouveaux modèles de PC « IA », etc.
En France, la période des JOP (Jeux Olympiques et Paralympiques) risque de fortement impacter les organisations avec un retour encouragé au télétravail qui impose aux DSI de poursuivre les efforts sur l’organisation du travail hybride. Par ailleurs, la période devrait s’accompagner d’une intensification des menaces cybercriminelles. L’ANSSI vient d’ailleurs de publier un kit d’exercice « JOP massifié » pour sensibiliser les entreprises à ces risques : JOP 2024 : kit d’exercice ANSSI « JOP massifié »  

La cyber-résilience… toujours au menu…

De nouvelles menaces portées par l’IA (Deepfakes, nouvelles techniques de contournement, nouvelles cibles rendues rentables, etc.) et des risques accrus liés aux tensions internationales, 2024 ne s’annonce pas plus calme que 2023 sur le front de la cybersécurité. Rationalisation des piles technologiques, modernisation des systèmes « legacy », gouvernance unifiée de la sécurité cloud, approches DevSecOps, mise en œuvre d’une philosophie Zero Trust à tous les étages, poursuite des efforts de sensibilisation des collaborateurs… Telles sont les pistes à poursuivre pour renforcer la cyber-résilience de l’entreprise, une priorité, si ce n’est la grande priorité IT.

Faire toujours plus… avec moins

Hausse des licences logicielles, hausse des coûts du cloud, hausse des dépenses liées à l’adoption de l’IA et des nouvelles technologies, hausse des cyberattaques, poursuite de la transformation numérique… Mais des budgets IT stagnants voire en baisse !
Le défi numéro 1 des DSI en 2024 sera sans aucun doute de mieux contrôler les coûts et optimiser à tout va pour libérer des marges de manœuvre et permettre à l’entreprise de continuer d’innover et d’investir dans les nouvelles technologies. Il va falloir demander aux équipes IT d’être agiles, flexibles, et inventives… Et s’assurer d’une efficience opérationnelle maximale grâce à l’automatisation et l’AIOps. Tout en poursuivant les efforts “Green IT” qui, il faut aussi le dire, sont d’autant plus au programme qu’ils s’alignent généralement avec les besoins d’optimisation et de contrôle des dépenses.

Avec tout ça, il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter nos meilleurs vœux de réussite et de sérénité pour 2024.


À LIRE AUSSI :

Dans l'actualité