Une étude BearingPoint montre à quel point les démarches numérique responsables gagnent du terrain, engagées dans trois quarts des entreprises aujourd’hui. Les DSI sont évidemment en première ligne, mais encore en phase de gestation en ce qui concerne les organigrammes, les moyens, ou encore les actions concrètes à prioriser.

C’est une petite musique qui monte depuis plusieurs années : faudra-t-il un jour calculer un « ROE » (avec le « E » pour environnemental) comme on calcule aujourd’hui le ROI d’un projet informatique ? « Nous n’en sommes pas encore là », relativise Jérôme Martin, associé chez BearingPoint.

Le cabinet de conseil publie un « État des lieux des pratiques numériques responsables », sur la base d’entretiens menés courant 2021 avec plusieurs dizaines d’entreprises françaises.

Il en ressort que 77 % des répondants ont déjà lancé une démarche numérique responsable, ou prévoient de le faire dans les prochains mois.

Ces entreprises y vont principalement sous couvert d’une stratégie RSE globale (60 %), plus rarement par la perspective d’une valorisation de la marque employeur (30 %), ou du fait de contraintes réglementaires (27 %).

Les trois quarts des répondants engagés mettent l’accent sur la sensibilisation de leurs collaborateurs aux bonnes pratiques, mais seulement un tiers a mis en place des actions plus opérationnelles, par exemple l’éco-conception ou le décommissionnement d’applications et surtout d’équipements inutilisés. Il faut dire que seulement 15 % des organisations ont nommé un responsable ou une équipe, « souvent des gens issus de l’IT », précise Loïc Friedmann, senior manager et responsable de l’étude.

Un levier puissant à mieux utiliser

Faut-il alors douter de la sincérité des discours sur le numérique responsable ? Non, répondent les responsables de l’étude, qui constatent une évolution en cours, avec des situations différentes selon les secteurs d’activités.

Mais plusieurs phénomènes convergent pour l’accélérer, énumère Jérôme Martin : « la demande des collaborateurs pour plus d’engagement environnemental ; des appels d’offres qui s’ouvrent aux critères environnementaux dans la note finale ; la conscience partagée que l’IT est aussi un puissant levier de transformation des bilans carbone de toute l’entreprise. »
Le consultant est persuadé que la DSI va intégrer les critères environnementaux dans tous ses choix, comme elle a pu le faire auparavant avec des éléments économiques, sociaux ou encore d’innovation. « Le déploiement d’une green IT représente une première étape. Ensuite, il va falloir définir des méthodes et des grilles d’analyses pour les projets de l’IT for Green. Enfin, il faudra organiser une veille technologique. »

Du travail en perspective pour la DSI, mais aussi la perspective d’en sortir grandie !

Numérique responsable... Qu'est-ce exactement?

 

Un label et deux niveaux pour y voir plus vert

Le Label Numérique Responsable (LNR) lancé en 2019 par l’INR et opéré par l’agence Lucie évolue pour simplifier l’accès des entreprises à un premier niveau de labellisation, avec une note minimale à atteindre deux fois moins élevée que pour le niveau 2, mais avec le même référentiel et ses mêmes 60 exigences, répartis en quatre grands axes, et près d’une quinzaine de principes d’action. Son attribution repose sur le suivi d’un Mooc, complété par une évaluation à distance et des enquêtes (avec les salariés, les fournisseurs et les clients). L’accès au niveau 2 suppose le suivi d’une formation de trois jours et le passage devant un comité d’évaluation.


 

À lire également :

> Green IT, une source d’économies et d’innovation

> Embarquer les utilisateurs dans une démarche Green IT

> Vers une norme pour le numérique responsable

> La délicate gouvernance d’une stratégie de numérique responsable

> Des français plus responsables et plus numériques dans leurs achats…

> Neuf entreprises numériques labellisées « responsables »