Présenté comme la solution universelle permettant à la fois de répondre aux enjeux d’agilité et de réactivité d’une part et aux besoins de contrôle, de sécurité et de conformité d’autre part, le cloud hybride est une démarche envisagée par la plupart des entreprises. Pourquoi ? Et surtout comment ?

Par Antoine Gourévitch, Directeur associé sénior, BCG
et Jean-Christophe Laissy, Directeur associé, BCG

La digitalisation et l’utilisation de technologies toujours plus pointues sont devenues cruciales pour la compétitivité des entreprises. Ces dernières années, le cloud computing s’est imposé comme un levier de déploiement à l’échelle de la transformation digitale.
Les décideurs restent pourtant incertains quant à l’adoption d’une véritable stratégie d’hébergement cloud. L’hésitation naît, en partie, d’une offre diversifiée autour de trois grandes familles d’architectures : le cloud public, le cloud privé et le cloud hybride. Chacune d’elles présente des atouts et des faiblesses. Choisir et désigner le bon environnement cloud s’avère d’autant plus sensible que l’implémentation de ces nouvelles technologies représente une opération complexe et coûteuse. En outre, les entreprises craignent de générer de la confusion avec leurs centres de données internes et de fragiliser leur sécurité informatique.

L’agilité inhérente au cloud hybride répond à une grande partie de ces enjeux. Cet environnement combine plusieurs infrastructures cloud ‒ dont au moins un cloud public et un cloud privé ‒ connectées entre elles, permettant ainsi la portabilité des données et des applications. L’entreprise peut choisir leur emplacement en fonction de leur degré de sensibilité au risque, une montée en charge de l’activité digitale ou encore, une nouvelle orientation stratégique.

Conçu pour pouvoir s’articuler avec les architectures historiques, le cloud hybride offre tous les avantages des plateformes du cloud dans des conditions optimales de sécurité. Mieux, il facilite l’implémentation de nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle.

Dans la course digitale, l’extrême flexibilité du cloud hybride constituera un atout maître. Il soutiendra l’émergence d’un nouveau modèle d’architectures logicielles totalement virtuelles.
Dans cet environnement « hyperflex », les différents écosystèmes de données ‒ y compris les applications, programmes, interfaces ou appareils ‒ peuvent interagir d’une manière automatisée ou collaborative dans une logique modulaire et interchangeable.

Les avantages incontestables du cloud hybride ont d’ores et déjà convaincu les décideurs de l’IT. Selon une de nos dernières enquêtes menées auprès de 600 d’entre eux, 90 % ont déjà utilisé ces solutions.

Mais les entreprises ne doivent pas sous-estimer les enjeux de l’implémentation du cloud hybride. Cette migration ne se réduit pas à la simple acquisition d’une technologie visant la modernisation des réseaux.
Pour donner sa pleine mesure, le design du cloud hybride doit être pensé comme la colonne vertébrale de la stratégie informatique.

Avant de s’engager, deux questions centrales doivent être posées :
– Parmi les nombreuses combinaisons d’architectures offertes par le cloud, laquelle est la plus pertinente pour mon organisation ?
– Si le cloud hybride correspond le mieux aux besoins de l’entreprise, comment segmenter et répartir les activités digitales sur les différentes plateformes ?

Y répondre suppose d’arbitrer entre le niveau attendu de sécurité souvent dicté par l’environnement réglementaire et concurrentiel de l’industrie et des exigences d’efficacité. Un constructeur automobile peut ainsi décider d’offrir le plus haut niveau de protection au design de ses modèles et de placer dans le cloud ses activités de simulation de systèmes de ventilation, plus gourmandes en puissance informatique.

Une fois ces décisions stratégiques prises, le déploiement du cloud hybride exige une feuille de route rigoureuse, organisée autour de quelques grands enjeux. Parmi eux, la mise en œuvre de l’implémentation nécessite de solides ressources techniques et organisationnelles. Afin de minimiser les risques, une cellule de pilotage peut être mise en place. Autre implication pour les entreprises, les leviers de réduction des coûts ‒ pouvant aller jusqu’à 60 % ‒ ou encore la politique de sécurité doivent être revisités dans un environnement de cloud hybride.
Adopter le cloud hybride impose donc une montée en compétences et une transformation des modèles opérationnels. Mais cette exigence est à la hauteur des opportunités offertes par cette technologie.


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