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À la recherche de l’informatique… pour la recherche

Écrit par  , mercredi, 25 octobre 2017 01:04 , PORTRAITS.
Michaël Pressigout - DSI de l’Institut Pasteur Michaël Pressigout - DSI de l’Institut Pasteur

À 38 ans, le jeune DSI de l’Institut Pasteur a su concilier son goût pour l’organisation et la stratégie, et son attirance pour le monde de la recherche. 

La boucle est-elle déjà bouclée ? Il est assurément trop tôt pour l’affirmer. Surtout qu’à 38 ans, en poste depuis déjà 6 ans, Michaël Pressigout fait partie des plus jeunes DSI français. Il n’empêche que son CV démontre un tropisme — un temps refoulé — pour le monde de la recherche. « À un moment de mes études, j’ai failli m’orienter vers la recherche en physique fondamentale. Et puis le pragmatisme l’a emporté. J’ai préféré entrer dans une école d’ingénieurs en informatique (ENSEEIHT, NDLR). En considérant que l’IT serait mon levier pour travailler à l’organisation et à la stratégie dans les entreprises ». Le début de sa carrière est conforme à cette ambition. Avant de passer à l’opérationnel dans une DSI, il passe par les cases Accenture et Deloitte pour se construire une expérience solide et variée auprès de nombreuses entreprises. « Mais au bout de dix ans, j’ai ressenti le besoin de voir les effets sur le long terme de nos recommandations. Et aussi de goûter au vrai management. Je venais de terminer une mission de structuration de la DSI à l’Institut Pasteur. Après quelques semaines de réflexions estivales, je les ai contactés », rappelle notre interlocuteur. À son arrivée en 2011, les premiers contacts sont… rudes. Pas tant avec la cinquantaine de personnes qui travaillent à la DSI, qu’avec les 1 900 chercheurs, répartis en 130 équipes — autant de TPE avec leurs patrons ! « Je me suis fait chahuter lors de ma première présentation par ces scientifiques qui avaient pris l’habitude de s’auto-suffire pour leurs besoins informatiques, en piochant dans des budgets qui peuvent émaner aussi bien du CNRS que de l’INSERM. Autant dire qu’ils se sentaient autonomes et libres de leurs choix. Je savais pourtant qu’il fallait  viser des infrastructures communes et sécurisées, pour le stockage de leurs données par exemple. Mais j’ai pris le temps de les convaincre, sans dogmatisme technique », décrit Michaël Pressigout. Deux ans de travail et de dialogue permettent à la DSI de restaurer sa crédibilité auprès des scientifiques et de poser les fondations d’une architecture plus saine, adaptée à la fois aux exigences de stabilité, de performances, d’agilité et de sécurité. Le moment d’une pause ? « Par chance, pour moi qui n’aime pas les situations qui ronronnent, la nomination d’un nouveau DG a bouleversé la donne ». Car l’arrivant a un sacré projet en tête : celui de développer la bio-informatique et de passer d’une science « humide » (celle des paillasses et des pipettes, NDLR) à une science computationnelle. « Nous avions les infrastructures, mais il fallait de nouvelles compétences chez les chercheurs. Nous sommes allés à la rencontre d’autres instituts dans le monde pour nourrir notre réflexion et bâtir notre propre organisation. Ce fut fait en 2015, et nous avons recruté massivement des data scientists à cette occasion », souligne-t-il. Le temps semble s’être accéléré depuis. L’heure est désormais aux réflexions sur l’open innovation — avec qui, et jusqu’où ? — mais aussi sur l’interaction avec le grand public. « J’ai vraiment eu la chance, jusqu’ici, d’évoluer dans un environnement qui m’a toujours permis d’aller plus loin dans mon rôle de DSI ». Et il y a encore beaucoup à faire, ne serait-ce que pour organiser le partage des travaux de recherche et des données entre tous les Instituts Pasteur dans le Monde, ou pour mutualiser certaines ressources au niveau européen par exemple. La DSI vient même de se doter d’une structure de R&D, pour anticiper l’émergence des futurs besoins des chercheurs. « La santé bouge sous les effets du numérique et nous avons un rôle important à jouer dans le nouvel écosystème. Je me suis fait récemment la réflexion que je me suis retrouvé impliqué dans ce mouvement, en droite ligne avec mes aspirations de jeunesse. Du coup, j’ai presque peur de devoir vivre par la suite des choses moins passionnantes ». Une crainte que ce surfeur averti peut sans doute minimiser : après tout, il y a toujours des vagues à chevaucher dans l’océan…

François Jeanne

 

MICHAËL PRESSIGOUT

• DEPUIS 2011 Institut Pasteur, DSI

• 2007-2011 Deloitte Consulting, manager stratégie et organisation des SI

• 2003-2006 Accenture, consultant transformation des SI

• 2002 Ingénieur diplômé de l’ENSEEIHT  

 

 

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