Une nouvelle page de la transformation digitale s’ouvre pour les entreprises. Elles sont de plus en plus nombreuses à s’appuyer sur ses technologies avancées pour garantir un développement durable de leur croissance. Devenus critiques, les enjeux environnementaux, sociaux et éthiques s’invitent désormais au coeur de leurs stratégies.

Par Antoine Gourévitch, Directeur associé senior, BCG

Selon notre dernière enquête, 80 % des dirigeants interrogés prévoient d’accroître leurs investissements en matière de RSE (responsabilité sociétale des entreprises) et 60 % d’entre eux en font un axe prioritaire de leurs programmes digitaux.

Cette convergence entre ces deux agendas s’observe tout particulièrement parmi les entreprises ayant réussi leur transformation digitale. En effet, après une phase intense de conduite du changement, les plus matures d’entre elles peuvent exploiter leurs nouvelles ressources pour répondre efficacement aux enjeux liés à la RSE. Notre étude auprès de 850 grandes entreprises à travers le monde montre que les technologies et les méthodes de travail nées du digital produisent des solutions innovantes, et notamment des outils de pilotage et de gestion des risques à même d’atteindre ce double objectif de profitabilité et de soutenabilité.

Les secteurs de l’énergie et de la santé en première ligne

La pression des exigences en matière de transformation responsable diffère selon les industries et la géographie. On trouve en première ligne les entreprises des secteurs de l’énergie et de la santé loin devant les télécommunications, les médias, la tech ou les biens de consommation.
Si le dérèglement climatique pousse sur le devant de la scène les questions environnementales, les sujets sociétaux, d’éthique et de gouvernance mobilisent tout autant les entreprises ‒ respectivement pour 69 %, 80 % et 70 % d’entre elles.
En Europe et en Amérique du Nord, les plans d’actions ciblent davantage les initiatives en faveur de l’inclusion, de l’équité et de la diversité, alors que les efforts se concentrent, en Asie, sur la gouvernance.

Au-delà de ces disparités, la « sustainability » s’affirme partout comme une priorité, et les compétences digitales comme un levier pour atteindre ses objectifs. Encore faut-il, pour réussir, disposer d’un certain nombre de prérequis. En premier lieu, la soutenabilité doit être pensée à la conception- même de nouveaux services ou produits.

Cette approche peut initier une rupture dans le positionnement historique d’une entreprise. Le leader norvégien de la production d’engrais Yara, créé en 1905, propose à ses clients des outils digitaux d’aide à la décision afin d’optimiser la fertilisation et la gestion de leurs récoltes, évoluant ainsi vers un fournisseur de services à forte valeur ajoutée.

Une autre compétence indispensable pour s’engager dans une politique de sustainability volontariste est la mise en place d’outils de capture et d’analyse des données, afin d’évaluer et de piloter son programme. Les entreprises les utilisent pour optimiser les chaînes d’approvisionnement (83 %), réduire leur consommation d’énergie (78 %) ou encore, dans le champ social, pour la protection des données de leurs clients et employés (86 %).

Pour créer de la valeur à grande échelle, les entreprises doivent pouvoir élargir ces outils à l’ensemble de leur écosystème. Certaines d’entre elles comme Caterpillar, John Deere, Honeywell ou Schneider jouent un rôle de chefs d’orchestre.

Dans un contexte très incertain, plus de 85 % des entreprises mobilisent leurs ressources digitales pour la gestion et la prévention des risques climatiques ou informatiques. Les défis environnementaux et sociaux deviennent cruciaux pour la soutenabilité de la croissance. L’ère digitale offre des solutions. Mais pour les construire, il est indispensable de disposer de plateformes et d’architectures robustes capables de gérer et d’exploiter les données couvrant l’ensemble de sa chaîne de valeur.


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