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Mémoire : SK hynix anticipe une pénurie jusqu’en 2030
Par Guillaume Perissat, publié le 29 octobre 2026
Portée par les investissements dans l’intelligence artificielle, la demande mondiale de mémoire devrait continuer à dépasser les capacités de production pendant encore plusieurs années. Le sud-coréen SK hynix table sur une nouvelle accélération de la demande en 2027 et entend muscler ses capacités, sans pour autant promettre un retour rapide à l’équilibre.
Les entreprises devront-elles composer avec des mémoires plus chères et des approvisionnements sous tension jusqu’à la fin de la décennie ? C’est le scénario avancé par SK hynix. À l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels, le fabricant sud-coréen estime que le déséquilibre entre l’offre et la demande de mémoire pourrait perdurer jusqu’en 2030.
En cause, l’appétit des infrastructures d’intelligence artificielle, qui mobilisent des volumes croissants de DRAM et de mémoire flash NAND, mais aussi « la complexité des procédés de fabrication de pointe ainsi que les délais nécessaires à la construction d’usines de production ».
2027, nouvelle année sous tension
Les prévisions pour 2027 confirment cette tendance. Selon Kim Woo-hyun, directeur financier de SK hynix, la demande effectivement satisfaite, compte tenu des contraintes d’approvisionnement, devrait progresser en volume de 20 à 25 % pour la DRAM et de 25 à 30 % pour la NAND.
En parallèle, les dépenses d’investissement des fournisseurs mondiaux de services cloud devraient augmenter de plus de 60 % l’an prochain, tandis que le marché des infrastructures de centres de données dédiées à l’IA progresserait de plus de 40 % par an jusqu’en 2030.
« Les besoins en mémoire dépasseront les attentes initiales, à mesure que l’IA prend en charge des tâches plus longues et plus complexes, entraînant une forte augmentation des besoins en calcul et en traitement de données », écrit le géant sud-coréen.
L’IA absorbe les capacités de production
Cette demande soutenue se répercute déjà sur les tarifs. Au troisième trimestre 2026, le prix de vente moyen de la DRAM de SK hynix a progressé de près de 30 % par rapport au trimestre précédent. Certaines références de NAND ont, elles aussi, nettement renchéri. La pression ne concerne pas uniquement les mémoires à haute bande passante (HBM), indispensables aux accélérateurs d’IA, mais aussi les mémoires conventionnelles destinées aux serveurs.
Car les besoins des centres de données débordent largement le seul cadre des accélérateurs d’IA : serveurs et systèmes de stockage réclament eux aussi leur part. D’où le constat de SK hynix : l’offre ne pourra pas s’ajuster assez vite.
Cette tension profite directement aux résultats du groupe, avec un chiffre d’affaires en hausse de 328 % sur un an et un bond de 632 % pour le résultat opérationnel. Le Sud-Coréen prévient par ailleurs que les ventes de HBM4 décollent, tandis que les mémoires DDR5 pour serveurs et les SSD haute capacité ont également contribué à cette croissance.
Des capacités supplémentaires, mais une visibilité limitée
Pour répondre à la demande, SK hynix prévoit d’accélérer ses investissements. Le groupe va accroître la production de mémoire HBM4 sur son site M15X, qui doit tourner à pleine capacité d’ici à la fin de l’année. Il compte également étendre l’utilisation de ses procédés DRAM de dernière génération et produire davantage de mémoire NAND à haute densité destinée aux centres de données. La HBM4 devrait dépasser la génération HBM3E en volumes expédiés comme en chiffre d’affaires dès le quatrième trimestre 2026.
Le fabricant a par ailleurs déjà sécurisé, au moyen d’accords de long terme conclus avec ses clients, plus de 50 % de sa capacité totale de production pour 2027 et 2028. Ces engagements renforcent sa visibilité commerciale, mais illustrent aussi la difficulté pour les acheteurs de mémoire de trouver des volumes disponibles à court terme. SK hynix prévoit d’augmenter sensiblement ses investissements l’an prochain, notamment avec la montée en puissance de l’un de ses sites, tout en indiquant vouloir ajuster leur rythme aux besoins des clients et à la rentabilité attendue.
Reste que l’horizon de 2030 constitue une prévision industrielle, et non une échéance garantie. Les analystes invitent donc à intégrer plus tôt les contraintes d’approvisionnement dans les projets de renouvellement des serveurs, d’extension des capacités de stockage et de déploiement de l’IA. La hausse des prix des composants peut également renchérir les investissements dans les infrastructures, au-delà des seuls équipements spécialisés dans l’intelligence artificielle.
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