Bonus de bienvenue, semaine de quatre jours, télétravail et vacances illimités… Les startups innovent pour attirer, recruter et fidéliser les talents. Des méthodes reproductibles dans une DSI ?

La crise sanitaire aura accru le déficit de compétences sur le marché de l’emploi. En accélérant la transformation numérique des entreprises, elle a encore raréfié les profils tech, une population déjà en tension. La pandémie a également requestionné le sens du travail. Durant les confinements, les salariés ont eu le temps de s’interroger sur l’utilité de leurs missions.

Loin des yeux, loin du cœur. Enfin, la généralisation du télétravail a dénoué les liens unissant le salarié à son entreprise et le sentiment d’appartenance à cette dernière. Si je peux travailler en tout autonomie, je suis capable de travailler avec n’importe quel employeur ou de me mettre à mon compte.

Baptisé « Great Resignation », la vague de démissions qui touche les États-Unis semble avoir traversé l’Atlantique, avec toutefois une ampleur moindre. Le journal Les Échos nous apprend que 23,5 % des salariés de Capgemini ont quitté l’ESN l’an dernier. Selon une étude de Microsoft, réalisée auprès de mille salariés français, 45 % des sondés voient, depuis la crise, moins de raisons de rester dans leur entreprise.

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Dans ce contexte de forte tension, les méthodes de recrutement employées par les start-up peuvent être une source d’inspiration. Des méthodes parfois originales. Outre-Rhin, l’assurtech Familienversicherung verse ainsi 500 euros aux candidats qui acceptent de passer un premier entretien d’embauche, le double s’ils sont sélectionnés à un second et, enfin, 5  000 euros s’ils sont toujours en poste après une période probatoire de six mois.
Selon Wired, cette start-up n’est pas la seule à proposer ce type de bonus de bienvenue (Golden Hello). Au Royaume-Uni, v offre une prime d’accueil représentant 5 % de la rémunération annuelle et Showhere un mois de salaire supplémentaire lors de la signature du contrat.

Outre cet aspect financier, les jeunes pousses ont d’autres atouts à mettre en avant. Elles peuvent notamment chasser en meute. En France, la plateforme Shapr Talent propose aux candidats d’enchaîner de cinq à dix entretiens en deux jours, en présentiel ou non, pour rencontrer « les meilleures start-up de Paris ».
Les entreprises tech peuvent aussi jouer sur la souplesse de leur organisation du travail. L’e-commerçant LDLC, l’ESN IT Partner, la plateforme d’affiliation Awin, l’agence digitale .yz ou le site d’emploi Welcome to the jungle ont ainsi mis en place la semaine de quatre jours.

EMPLOI DU TEMPS ET CONGÉS À LA CARTE

Dans le sillage des géants américains du numérique comme Facebook ou Twitter, d’autres acteurs font le choix de proposer le télétravail en mode illimité comme la start-up Pandacraft ou l’éditeur Bonitasoft. Les recrues de ce dernier peuvent en plus choisir leur matériel dans la limite d’une enveloppe de près de 2  500 euros HT.

Après le télétravail illimité, la dernière tendance en date porte sur les vacances à volonté. À l’instar d’un Netflix, la licorne de l’assurtech Alan (assurance) ou l’éditeur Anikop proposent à leurs salariés de prendre autant de congés qu’ils le souhaitent. Selon ces premiers retours d’expérience, il n’y aurait pas d’abus et ce système d’auto-régulation favoriserait autant l’épanouissement personnel que professionnel.


Décryptage de Xavier Biseul – IT for Business

 

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