Le récapitulatif d'une année 2023 d'IA générative

Data / IA

Rétrospective 2023 : une année d’IA générative

Par Laurent Delattre, publié le 28 décembre 2023

L’IA générative a écrit une page de l’informatique et de l’humanité en cette année 2023. Elle a focalisé toutes les attentions. Retour sur une année d’agitations, d’excitations, d’innovations, d’expérimentations, d’inquiétudes et de questionnements au travers des articles les plus consultés sur le sujet cette année…

L’Histoire retiendra que 2023 a été l’année où l’humanité a réellement pris conscience de l’utilité de l’IA et de l’importance des changements qu’elle va engendrer dans les années à venir sur l’organisation du travail, la modernisation des processus, le comportement des humains face aux machines et sur nos civilisations.

Tout a démarré au mois de décembre 2022 avec la sortie de ChatGPT comme en témoigne le succès de notre article « L’étonnante IA “ChatGPT” : ce que les DSI doivent absolument savoir en 10 points ». Un premier article qui allait en appeler beaucoup, mais alors vraiment beaucoup d’autres.

Six mois plus tard, il était déjà évident que « l’IA générative était la grande gagnante de 2023 ». Au point que certains experts se demandaient déjà, si, disruptive comme elle le laisse entrevoir, « l’intelligence artificielle générative ne serait pas au final la révolution technologique qui dépasse toutes les autres ? »


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Reste bien évidemment à voir si 2024 sera l’année où l’IA permettra aux entreprises de faire mieux aussi bien en termes de productivité et d’innovation qu’en termes de bien-être des employés et de l’amélioration des conditions de travail.

Rien n’est moins sûr. Car aussi étonnantes qu’ont pu l’être les IA génératives nées ces 12 derniers mois, elles se révèlent – une fois l’effet démo “Whouaou” passé – souvent finalement assez médiocres lorsqu’on les met en pratique notamment si l’humain n’agit pas derrière pour améliorer voire sublimer leurs productions. Oui, ces outils peuvent faire gagner du temps, mais pas toujours autant qu’on l’espère (cf. « Combien de temps font gagner les IA génératives ? ») et peuvent dans certains cas se révéler contre-productifs comme le montre le dernier rapport BCG que nous déchiffrions dans « Alerte du Boston Consulting Group : l’IA générative peut entraîner une importante destruction de valeur ».

Pire encore, elle pourrait même négativement impacter la créativité des uns et des autres si les collaborateurs s’en remettent un peu trop systématiquement à l’IA comme le rappellent les experts du BCG dans « L’IA générative menace-t-elle la créativité des entreprises ? » 

Par ailleurs certains s’inquiètent déjà de voir ces grands modèles LLMs devenir « fénéants » (selon les termes d’OpenAI) et de moins en moins pertinents alors que se multiplient sur Internet (principale source de collecte de données des LLMs) des contenus justement générés par ces IA. Un sujet exploré dans notre article « Peut-on entraîner une IA sur des données synthétiques ? ».


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Reste que pour les DSI, le sujet a déjà pris une place prépondérante (“Les entreprises à fond sur les IA génératives“). Comme nous l’expliquions dès février, la facilité d’intégration de ses IA aux habitudes quotidiennes des collaborateurs et aux processus d’entreprise permet à l’IA générative de « traverser la fameuse Hype Cycle à vitesse grand V », le Gartner confirmant d’ailleurs dès la rentrée que « L’IA générative avait bien atteint le pic de sa Hype Cycle » et que les entreprises commençaient à en discerner les limites actuelles voire à se montrer déçues.
De quoi nous poser la question « Et si l’IA provoquait une hallucination collective ? ».

Pour les DSI, difficile cependant de résister à la pression des CEO et dirigeants métiers (« Une étude IBM confirme que PDG et CEO sont fans des IA génératives ») comme des collaborateurs (« Comment concilier l’enthousiasme des salariés avec la prudence des DSI pour l’IA générative ? »). Impossible d’éviter le sujet. La politique de l’autruche ne mène à rien comme nous l’expliquions dans notre article « DSI : Attention à la Shadow IA » et comme en témoigne aussi Thomas Chejfec dans sa chronique « Parole de DSI » : « IA : du Roman de la Rose à Terminator… ».


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Terminator… Les films de science-fiction ont donné vie à une sorte de peur collective de l’IA. Depuis que le monde a découvert ChatGPT, des voix plus qu’inquiètes s’élèvent. « ChatGPT pose question » écrivions-nous en début d’année alors que « l’IA générative devenait aussi un enjeu politique ». Nos experts juridiques alertaient parallèlement les responsables informatiques sur les « Six risques légaux de ChatGPT que les DSI doivent connaître ».

Et alors que des petits génies s’amusaient à toutes sortes d’expérimentation (« Auto-GPT, BabyAGI, Agent-GPT… De fausses bonnes idées ? ») d’autres empressaient les organisations et politiques à rapidement produire des cadres légaux aussi bien en Europe avec l’AI Act (« AI Act, une première… à double titre ») qu’aux USA avec les directives de leur président (« 7 géants américains de l’IA font des promesses à Joe Biden »). Avec un écueil à éviter, que ces règles ne viennent étouffer l’innovation et se transforme même en frein pour les startups européennes du domaine.


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Bien sûr, parallèlement aux perspectives « Terminator », l’IA soulève aussi bien des inquiétudes sur le marché de l’emploi et l’avenir de nombreuses professions (« IBM alimente l’angoisse du « grand remplacement » par l’IA »). Sans parler des impacts écologiques de ces IA dévoreuses de puissance (« Rendre l’IA moins énergivore ») alors que le numérique se doit d’impérativement se montrer responsable.

Entre la pression d’utilisateurs déjà convertis et l’immaturité des solutions actuelles, une vérité s’impose : « IA générative en entreprise : il y a urgence à prendre son temps ».

Aucun doute là-dessus, on parlera encore beaucoup des IA en 2024… En espérant que ce soit davantage pour le meilleur que pour le pire…


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