Au moment de clôturer une année 2021 marquée par la pandémie et d’ouvrir le chapitre de l’année 2022, IT for Business revient sur les actualités de l’année écoulée qui auront un fort écho en 2022 pour les DSI…

Le nouvel an est une opportunité pour se retourner sur les 12 mois écoulés. Douze mois de pandémie, d’incertitude, mais aussi de poursuite d’une transformation numérique accélérée.

Nous vous proposons de jeter un regard sur 10 actualités marquantes de l’année 2021 qui sont autant d’enseignements sur ce qui attend les DSI en 2022. Elles tracent des tendances et fournissent des enseignements pour démarrer la nouvelle année avec de nouvelles perspectives et des projets à mettre en place.

L’objectif ici n’est évidemment pas de revenir sur tout ce qui s’est passé en 2021 dans le monde de l’IT. Pour cela, nous vous invitons plutôt à découvrir la rétrospective 2021 publiée par nos confrères d’InformatiqueNews.

A l’inverse, nous avons ici sélectionné 10 faits marquants qui constituent finalement 10 thématiques clés pour l’année à venir.

1- Windows 11 : le nouveau chantier des postes de travail

2021 aura été marquée par le lancement de Windows 11. Six ans après l’introduction de Windows 10, Microsoft offre donc un successeur à son OS. On pensait que l’éditeur s’était un peu désintéressé du système phare des PC qui a fait sa gloire. Mais c’était sans compter sur la pandémie, les confinements, et l’explosion des ventes de PC qui en a découlé. Pour l’éditeur, Windows 11 est bien davantage une première version du futur de Windows qu’un successeur à Windows 10. Relookée, la plateforme réinvente le Windows Store, le développement sous Windows (avec .NET6, Project Reunion et MAUI), la compatibilité Linux et Android intégrée (avec le support des apps graphiques Linux et l’apparition en 2022 de Windows Subsystem for Android).
Pour les DSI, le temps ne presse pas encore. Windows 10 continue d’évoluer et sa fin de vie n’est pas attendue avant octobre 2025. Mais la migration vers Windows 11 est inscrite dans les agendas 2022 de bien des DSI, même si la plupart des entreprises attendront la mise à jour « 2022 » (probablement à la fin de l’été) avant d’opérer la migration effective.

 

2- De grands plans Tech pour la France

Décidément le premier quinquennat de Macron restera marqué par les grands chantiers Tech engagés. En 2021, le gouvernement français a successivement publié un Plan Quantique doté de 1,8 milliard d’euros de financement, un Plan Cybersécurité doté de 1 milliard d’euros, une Stratégie Nationale pour le Cloud traçant une politique IT de l’état « Cloud au Centre » et définissant l’idée de « Cloud de confiance », ainsi qu’un plan d’investissement pour le Cloud et l’Edge de 1,8 milliard d’euros.  Le gouvernement a même dévoilé un plan pour accélérer l’usage du logiciel libre !
Chacun de ces plans comprend un important volet « Recherche » ainsi qu’un volet « Formation ». Le gouvernement veut aussi utiliser ces investissements pour créer et renforcer les écosystèmes français en matière d’informatique quantique, de cybersécurité et d’infrastructures cloud souveraines.

 

3- Le Cloud Hybride via Kubernetes

Nutanix, VMware, Microsoft, IBM, Google, et même AWS… Ils n’ont plus que ce concept en bouche : le cloud hybride ! Et pour le concrétiser, une technologie s’impose : Kubernetes !
Nutanix a signé des partenariats forts avec Microsoft Azure (Azure Arc) et avec Red Hat (faisant d’OpenShift la distribution Kubernetes de prédilection sous Nutanix).
VMware a encore renforcé sa stratégie Kubernetes avec Tanzu Community Edition ou ses Project Cascade (Pilotage Infrastructure as Code des infrastructures hybrides), Project Arctic (administration cross cloud des containers et VM) et Project Ensemble (observabilité cross cloud des applications).
Microsoft a toujours fait de l’hybride un pilier de sa stratégie Cloud. Mais le pilier a beaucoup évolué et repose désormais sur différents socles : Azure Arc, Azure Stack HCI, Azure Synapse Pathway, mais aussi son offre DaaS « Windows 365 » (vision hybride du poste de travail).
Chez IBM, OpenShift est devenu le bras armé de sa vision hybride. Et l’une des nouveautés les plus intéressantes dévoilées en 2021 s’appelle « Mono2 Micro », une solution pour moderniser les applications monolithiques en micro-services hébergés dans des environnements hybrides.
Chez AWS, où le mot d’ordre jusqu’ici était « tout dans le cloud public », cède aussi aux sirènes de l’hybride et a lancé en 2021 ECS Anywhere et EKS Anywhere.
De son côté Google continue d’avancer sa stratégie hybride en enrichissant son socle Anthos.

 

4- L’incendie d’OVHcloud

L’incident a fait la Une de tous les journaux et sites Web. Un gigantesque incendie a ravagé en mars dernier deux datacenters d’OVHcloud à Strasbourg. De nombreux sites et services ont ainsi disparu de la toile. Et bien des entreprises ont découvert que la résilience dans le cloud n’était pas systématique et que les plans PRA n’étaient pas intégrés par défaut dans les offres des hébergeurs Cloud. Depuis OVHcloud a réinventé ses offres pour offrir une résilience par défaut, reçu le Graal « SecnumCloud » et a surtout magnifiquement réussi son introduction en bourse. L’acteur devrait jouer un rôle majeur en 2022 dans le paysage cloud européen avec la stratégie cloud Française…

 

5- Le cloud souverain au centre des préoccupations

C’était déjà un souci majeur pour les entreprises avec la menace du Cloud Act américain et l’invalidation du Privacy Shield. Mais la publication de la « Stratégie Nationale pour le Cloud » est venue intensifier les débats avec sa définition du « Cloud de Confiance » désormais indispensable pour adresser les marchés publics.
C’est une aubaine pour tous les acteurs français à commencer par OVHcloud, 3DS Outscale, Scaleway, ou encore Sewan (qui a racheté Ikoula).
Parallèlement de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les dérives et les retards de Gaia-X qui selon le patron de Scaleway, Yann Lechelle, « n’adresse absolument pas la problématique de la souveraineté ».
Bien évidemment les initiatives françaises font aussi réagir les hyperscalers américains. Microsoft s’est associé à Orange et Capgemini pour faire naître Bleu, un hébergeur souverain de ses technologies. Google s’est lui associé à Thalès pour offrir les services Google Cloud sur un cloud de confiance.

 

6- De grands Splits, qui changent tout ?

Elles étaient annoncées… Elles se sont bien réalisées en 2020… Les séparations d’IBM et Kyndryl (nouveau nom de sa division d’infogérance) ainsi que celle de DELL et VMware ont constitué des évènements IT majeurs de l’année écoulée. Et ces séparations auront de multiples impacts sur ces entreprises bien sûr mais aussi sur leurs partenaires et leurs clients.
Le destin de ces entités désormais séparées sera à scruter tout au long de l’année 2022.

 

7- L’Employee Experience au cœur des RH

À l’heure du travail hybride et du télétravail massif, les RH doivent réinventer l’accueil et les parcours des employés. Alors que partout dans le monde, la crise du « Great Resign » se fait sentir, les entreprises doivent trouver des parades pour fidéliser leurs talents.
Tous les grands éditeurs se sont désormais lancés sur ce marché de l’EX (Employee eXperience) à commencer par Microsoft avec VIVA ou encore Oracle avec Journeys ou encore SAP avec le rachat de Qualtrics.
La RH va avoir besoin d’outils numériques et la DSI va devoir répondre à l’appel…

 

8- Le réveil attendu d’Intel

En 2021, Intel s’est enfin réinventé ! Tout a commencé par un spectaculaire changement de CEO. Débarqué brutalement, Bob Swan a ainsi laissé sa place à un charismatique ancien d’Intel : Pat Gelsinger qui dirigeait VMware depuis 10 ans !
Touché dans son orgueil par les performances des processeurs Apple M1 et par le retour en force d’AMD dans les serveurs, Intel s’est enfin réveillé en 2021. Le fondeur repart à l’attaque sur tous les fronts avec la troisième génération de Xeon Scalable sur les serveurs, avec sa génération 12 de Core i qui adopte un design « BIG.Little » tout nouveau, avec l’annonce d’une gamme de GPU « ARC » pour concurrencer NVidia et AMD mais aussi avec de lourds plans d’investissement pour créer de nouvelles usines et contrer la pénurie actuelle de composants !
Un réveil qui tombe à point nommé, puisqu’Intel a fêté en 2021 les 50 ans du microprocesseur.

 

9- Le quantique progresse doucement

Avec la multiplication des services quantiques dans le cloud et le travail de nombreuses startups pour en démocratiser les usages, l’informatique quantique s’inscrit dans l’agenda à long terme des DSI. Mais les progrès sont progressifs. Rigetti prépare son entrée en bourse, s’est installé dans le cloud Azure, a lancé cette année l’Aspen 11 à 40 Qubits et terminé l’assemblage de son Aspen-M et ses 80 Qubits. Une progression importante mais très loin des 128 Qubits que la startup, en 2018, imaginait atteindre dès 2020. IONQ est la première startup « purement quantique » à être entrée en bourse. Sa nouvelle machine 2021 est animée par 32 qubits qualifiés de « parfaits » par ses ingénieurs (qui lui donneraient un volume quantique de 4 millions !). Honeywell Quantum Solutions annonce avoir un prototype fonctionnel de son « Model H2 » (d’un volume quantique de 1024) et fusionne avec Cambridge Quantum pour former un géant du quantique dénommé Quantinuum.
Mais la progression la plus notable revient à IBM qui continue de multiplier les ordinateurs quantiques dans son Cloud (). Le constructeur a lancé en fin d’année sa première machine à processeur « Eagle » de 127 Qubits. Il démontre ainsi la régularité de ses progrès et sa capacité à rester fidèle à sa roadmap annoncée en 2020 qui doit le conduire à dépasser les 1000 Qubits en 2025.
Il n’y a plus qu’à espérer que l’exécution du Plan Quantique annoncé en début d’année va dynamiser l’écosystème européen et permettre à l’Europe de rattraper son retard sur les USA et la Chine !

 

10- Les leçons de SunBurst (Solarwinds) et Log4Shell

L’année a débuté dans le capharnaüm provoqué par l’attaque SunBurst et la compromission d’un logiciel d’infrastructure de Solarwinds. Elle se termine dans les décombres brulants du tremblement de terre Log4Shell.
L’année 2021 aura été terrible pour les acteurs de la cybersécurité : failles majeures, attaques DDoS records, des ransomwares toujours plus virulents…
Il y a des leçons à tirer de ces échecs. Notamment que la sécurisation de la Supply Chain logicielle est un défi qu’il faut relever. Mais aussi que l’open source n’est pas une garantie de sécurité et que les entreprises doivent revoir leurs bonnes pratiques de gestion du cycle de vie de leurs développements.
La France a fait de la cybersécurité l’une des priorités de sa présidence de l’Union Européenne qui démarre au 1er Janvier et pour 6 mois. Et c’est une bonne chose car 2022 ne s’annonce pas plus calme que 2021.